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Costières-de-Nîmes : entre Provence et Languedoc

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Costières-de-Nîmes : entre Provence et Languedoc
DavidZ

Entre la Provence et le Languedoc, le territoire des Costières-de-Nîmes se répartit sur 24 communes. Près de 20 % de son vignoble sont exploités en agriculture biologique, « le plus important de la Vallée du Rhône », selon le syndicat des professionnels qui gère l'AOC obtenue en 1989, d'abord sous le nom de Costières-du-Gard, pour devenir, en 1986, Costières-de-Nîmes.

« Quand les brises marines estivales rencontrent la masse chaude des terrasses de galets, un effet de convection crée une forte ventilation, d'où une grande amplitude thermique entre le jour et la nuit, propice à la préservation de la fraîcheur du fruit », explique le syndicat AOC Costières-de-Nîmes qui fédère sept caves coopératives et quelque 80 vignerons en caves particulières, soit 600 à 650 vignerons.

L'appellation s'étend sur 4 500 hectares et produit près de 200 000 hectolitres par an, « un volume stable depuis une vingtaine d'années », selon Fanny Boyer, vice-présidente chargée de la communication du syndicat. La situation géographique, à proximité de la mer, et le climat, avec la chaleur et le mistral, ont incité les nouvelles générations de vignerons à se pencher sur le bio. Le territoire compte aujourd'hui 20 % de sa production en bio. « Plus que le bio, c'est toute une démarche environnementale, autour de la biodynamie, mais aussi de la protection des paysages et du patrimoine, qui est engagée depuis une dizaine d'années par les acteurs de la filière, précise Fanny Boyer. C'est notre atout et notre avantage concurrentiel, parmi les vins de la Vallée du Rhône. »

Sur les 13 millions de bouteilles de l'appellation Costières-de-Nîmes vendues annuellement, 60 % partent à l'export. « Le marché français, et notamment pour le bio, a rapidement été insuffisant pour nos vignerons. »

De plus, la complémentarité de la gamme, qui se compose des trois couleurs, intéresse l'international. Les vins des Costières-de-Nîmes se composent « d'une mosaïque de cépages ». « Rouges et rosés sont principalement issus de cépages traditionnels comme la syrah, le grenache, le mourvèdre et plus rarement le carignan, le cinsault et le marselan, explique Fanny Boyer. Les blancs se préparent à partir de grenache blanc, de roussanne, de marsanne mais également de clairette, de viognier et de vermentino (rolle). Dans les trois couleurs, l'assemblage d'au moins deux cépages est obligatoire. »

Vers une émergence des crus

En 2013, le syndicat s'est engagé dans une démarche pour obtenir une DGC (Dénomination géographique complémentaire) auprès de l'INAO (Institut national de l'origine et de la qualité). « Nous visons à faire identifier deux grands territoires des Costières pour faire émerger des crus et assurer une montée en gamme de nos vins », argumente Fanny Boyer. Saint-Roman, au nord, avec son origine rhodanienne, et Franquevaux, au sud, par son histoire durancienne, sont concernés dans le dossier déposé en 2017 à l'INAO. « Le comité de réflexion a été nommé par l'INAO. Ses experts sont attendus sur nos terres fin 2018. » Sans pour autant connaître la date de la décision de l'institut.

« Cette démarche globale conforte notre montée en gamme. Depuis près de cinq ans, les experts français et internationaux donnent d'excellentes notes aux vins des Costières-de-Nîmes. Ce qui apporte aussi une certaine émulation entre nous vignerons. La DGC est une suite logique. Dans les années 2000, il était difficile de trouver des cuvées à plus de 10 €. Aujourd'hui, les prix avoisinent les 30 à 50 €. Quand on atteint un tel niveau de prix, on peut dire que nous avons opéré une réelle montée en gamme. »

Kreydenweiss : de l'Alsace aux Costières

En biodynamie depuis plus de 30 ans, la famille Kreydenweiss applique sur ses 20 hectares de Costières-de-Nîmes la même recette déployée depuis quatre siècles en Alsace. « Nos vins donnent dans la finesse et dans une certaine subtilité qui leur apportent la particularité de bien se conserver, affirme Marc Kreydenweiss, qui exploite avec son fils Jean, le domaine des Perrières à Manduel, en complément de son domaine en Alsace. Ce résultat vient en partie de la biodynamie mais aussi d'une volonté personnelle de vendanger juste mûr, pas sur-mûr. » Sur ses 70 000 bouteilles en moyenne par an, 70 % partent à l'export, via des agents dans 19 pays. Le reste est commercialisé, toujours via des agents, auprès des cavistes et des CHR. « Nous ne sommes pas organisés pour la vente en direct et notre domaine n'est pas situé sur un lieu de passage touristique. Une structure de commercialisation en Alsace s'occupe de la vente pour les deux domaines. » La famille de passionnés se consacre à son vin et à investir régulièrement dans son outil de production : « Depuis notre installation en 2000 dans le Sud, près de 2 M€ ont été engagés mais il faut du temps pour asseoir financièrement un domaine et assurer sa notoriété. Nous ne sommes pas pressés, nous nous inscrivons dans la continuité… »

Domaine Cabanis : précurseur du bio

A Vauvert, Jean-Paul Cabanis exploite ses 15 hectares en agriculture bio depuis 1986. Un précurseur qui a su rapidement prendre position à l'international. « A l'époque, mon père devait presque cacher son logo AB pour vendre en France, rappelle Nicolas Cabanis, le fils de Jean-Paul, chargé de la commercialisation des vins du domaine. Aujourd'hui, et parce que la concurrence sur le segment du bio, en pleine expansion, est réelle, nous ne nous battons plus sur le marché français. Nous exportons 40 à 50 % de notre production. » Le multicanal permet au domaine familial « de ne pas mettre tous nos œufs dans le même panier » : grande distribution, CHR, cavistes, particuliers. « Nous ne faisons pas de différence dans la qualité produite selon nos différents segments de marché », affirme Nicolas Cabanis. « Nos vins gardent le coté typé rhodanien, avec des saveurs de mûre, de cassis. Ils sont veloutés avec la touche du domaine : une certaine fraicheur en final pour une belle buvabilité. L'important est d'avoir une petite fraicheur sur nos vins qui leur permet d'être consommés toute l'année. Ils reflètent également la force l'AOC : un excellent rapport qualité/prix. »

Clos des Boutes : des vignes sauvées de l'arrachage

Sylvain Boutée part de zéro en 2003 en rachetant un domaine situé sur la commune de Bellegarde avant que ses 10 hectares de vignes ne soient destinés à l'arrachage. « Ce petit domaine était voisin du domaine pour lequel je travaillais. Dès 2004, je commence à l'exploiter en bio pour passer en biodynamie en 2012. Aujourd'hui, mes 8 hectares de vignes produisent en rouge du carignan, de la syrah, du grenache, et en blanc de la clairette de Bellegarde et du carignan », explique Sylvain Boutée qui est seul pour s'occuper des vignes, de la cave et de la commercialisation de ses 30 à 35 000 bouteilles annuelles. « Je fais des vins fins et assez légers. Je ne cherche pas les fortes concentrations ou les fortes maturités mais plutôt à produire des vins frais et digestes. » Ces tonalités et sa petite production lui ont permis de s'implanter auprès des cavistes et des CHR, « avec une volonté affichée de ne pas commercialiser mes vins en grande surface ». 80 % de ses bouteilles sont ouvertes en France. La part export, « par le bouche à oreille », concerne l'Allemagne, la Belgique, la Hollande, un peu les Etats-Unis « et quelques marchés ailleurs, occasionnels et par opportunités ». Pour conserver le caractère particulier de ses vins « pas vraiment dans les standards de l'appellation des Costières-de-Nîmes », le vigneron compte « planter d'anciens cépages, investir dans l'élevage pour affiner le travail de mes vins et proposer une gamme cohérente et régulière. »

Nîmes fête son vin

Le syndicat AOC Costières-de-Nîmes, en partenariat avec les collectivités et les acteurs du tourisme locaux, organise trois événements par an pour faire se rencontrer le grand public et les vignerons.

« JeuDiVin » : de mi-juin à mi-septembre, dans Nîmes, une quinzaine de vignerons font déguster leurs vin. « Vignes toquées » : un weekend au printemps, une balade vigneronne, un verre à la main, emmène les particuliers à la découverte des vins, des sols, des paysages… « Nîmes toquée » : à l'automne, sur le même principe que « Vignes toquées », dans les lieux culturels et patrimoniaux de la ville de Nîmes.




Stéphanie POLETTE
Journaliste

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