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EDITO : Contresens

Sinueuse. Tortueuse. Zigzagante. Embouteillée. Dangereuse même. La route qui mène à l'élection présidentielle est tout à la fois. Mais pour le locataire de l'Elysée, elle pourrait s'apparenter à un chemin de croix !
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Actualité Publié le ,

L’annonce par Alain Vidalies, secrétaire d’Etat aux Transports, d’un plan de travaux autoroutiers, englobant une trentaine de projets, aurait pu être saluée par la classe politique, dans son entièreté, ravie de voir déployer une mesure prompte à favoriser l’aménagement et le maillage du territoire, tout en soutenant l’activité des TP et par voie collatérale, l’emploi. Il n’en est rien. La faute au financement envisagé dudit plan. Estimé à un milliard d’euros, ce dernier serait en partie supporté (le terme idoine !) par les usagers eux-mêmes, via une augmentation significative des tarifs des péages. A contrario des souhaits de Ségolène Royal, qui affirmait péremptoire que « la hausse des péages était exclue », cette décision frappe des usagers durement impactés par l’accroissement du coût de la vie, comme en atteste le budget Transport, fardeau toujours plus lourd pour les ménages. Le plan-programme de rénovation des infrastructures autoroutières, aussi dispendieux qu’alliciant, a fait bondir le maire de Givors, le camarade Martial Passi, qui a vu rouge. Dans son communiqué, au libellé explicite « Non au racket des automobilistes et des collectivités locales », le vice-président de la Métropole de Lyon juge le recours à l’argent des contribuables « injuste et marque un nouveau désengagement de l’Etat sur une de ses missions régaliennes : assurer l’aménagement du territoire en matière d’infrastructures publiques ». Et de lancer, vent debout, un double appel : pour la nationalisation des sociétés concessionnaires d’autoroutes, chez qui il entend piocher un effort de participation en grevant leurs bénéfices qui « explosent ».
Les autoroutes étaient bien au cœur de l’actualité, à en juger par la forte mobilisation des opposants à l’A45 dimanche 18 septembre en terre mornantaise. Flanqués d’une banderole « Vinci nous serons sur ta route ! », quelque 2 000 manifestants ont réaffirmé leur inquiétude face à ce projet d’autoroute « destructeur de zones agricoles et protégées ». Attentifs au biotope local, ils ont prévenu l’exécutif de leur détermination. En promettant une sortie de route aux élus concernés, si les dossiers n’allaient pas dans leur sens…

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