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Contre l'alcool, la force des mots

En parler à visage découvert, poser des mots sur une vraie maladie et témoigner encore et encore. Tel est le leitmotiv de Laurence Cottet, ancienne alcoolique. Aujourd'hui âgée de 55 ans, elle est abstinente depuis 8 ans et se bat chaque jour avec force pour dédramatiser la maladie alcoolique. Objectif : libérer la parole des patients. Témoignage.
Contre l'alcool, la force des mots
PHOVOIR

Art de vivreSanté Publié le ,

« Dans mon environnement professionnel, j’ai été très rapidement confrontée à l’alcool. Cette substance a même participé à mon ascension. Et à partir de 35 ans, je deviens malade. Je vivais dans l’alcoolisme mondain. C’est quand je perds mon mari à 35 ans que je vais sombrer encore plus. Et à 48 ans à la cérémonie des vœux de mon entreprise, ce jour-là je vais m’effondrer et tout perdre, sauf la vie ».

Pour Laurence Cottet, cet instant de vie prend la forme d’une bouée de sauvetage. « J’ai touché le fond, mais cela va me sauver car je n’avais plus à cacher ma maladie. Nous sommes tellement dans la honte de ce qui nous arrive, que l’on se mure dans le silence. Aujourd’hui je suis abstinente depuis 8 ans et j’ai décidé de me battre pour aider les autres ». Elle délivre ainsi un message percutant et efficace. « Ne restez pas seuls, parlez de cette maladie. Dans mon cas, il a fallu attendre ma chute pour qu’enfin je rencontre le bon médecin pour me sortir de là. »

Guérir par l’abstinence ou la réduction de la consommation

Si Laurence parle de cette maladie avec ses mots forts et authentiques, c’est pour justement éveiller les consciences. Au sein de son association H3D, elle anime dans la Région Auvergne-Rhône-Alpes des groupes de paroles ouverts aux patients, aux proches, mais également aux soignants. « On se déculpabilise et on aide les professionnels de santé à trouver les bons mots pour nous accompagner dans le soin. Depuis que j’ai créé mon association, de nombreux malades ont réussi à guérir, soit en devenant abstinent, soit en réduisant leur consommation ».

Laurence estime en effet intéressant de pouvoir proposer une autre alternative que l’abstinence. « Ne plus boire une goutte d’alcool du jour au lendemain, c’est très violent, cela fait peur et les patients paniquent. Proposer une étape vers la réduction de la consommation, cela dédramatise la situation pour le patient et permet au soignant de plus facilement aborder le sujet. C’est beaucoup plus motivant. Je le dis d’autant plus facilement que personnellement, je ne peux plus passer par là. Donc tant mieux si certains peuvent réussir à réduire leur consommation, avec une aide médicamenteuse et le soutien d’un professionnel de santé ».

L’objectif, c’est d’intervenir le plus précocement possible, afin de reconnaître son problème. Libérer la parole auprès de ses proches, c’est prendre le chemin de la prise en charge vers une réduction de consommation. Pour terminer, Laurence tient à mobiliser les candidats à l’élection présidentielle, en leur demandant de se positionner sur la création d’une Journée nationale sur l’alcool. Toujours dans le combat…

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