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Consuls, ces facilitateurs de l'internationalisation des entreprises

Consuls, ces facilitateurs de l'internationalisation des entreprises
M.G

EconomieServices Publié le ,

Quelles sont les missions d'un consul ?

Alioune Diop : il convient d'abord de faire la distinction entre un consul honoraire et un consul général. Pour ma part, j'exerce cette dernière fonction à 100%. À Lyon, je gère un bureau de 15 personnes. Nous exerçons une diplomatie économique, nous avons également un bureau social et bien sûr nous sommes un centre d'état-civil, pour les passeports et les cartes d'identité. Je ne suis pas un diplomate de carrière – je suis ingénieur électronicien, j'ai été nommé ambassadeur de Gambie après un passage à Procter&Gamble et à Bruxelles. Le consul honoraire est une personne extérieure au pays, déjà bien implantée dans sa communauté, relais d'un Etat, notamment sur le plan économique. Une fonction qui dépend de l'envie et de l'ingéniosité de chacun. Les Etats sont preneurs de ce type de profils.

Et plus spécifiquement, quelle est votre feuille de route ?

François Turcas : pour ma part, c'est avant tout une représentation à objectif économique. Je n'ai pas de délégation sur les mariages ou l'état-civil, je fais juste le relais pour les visas. Et il y a très peu de problèmes à régler avec les quelque 3 000 ressortissants russes de la région.

Bruno Allenet : je ne suis pas en position de leadership sur le développement économique, mais je suis sollicité pour l'accompagner, en deuxième rideau, en tant que proche des entreprises régionales.

Hugues Pouzet : je suis questionné sur toutes les activités consulaires, je délivre les pièces d'identité, les certificats, mais ma mission consiste surtout à promouvoir l'Estonie, et son dynamisme en matière de numérique. Nous ne sommes pas un gadget pour ce pays, nous avons des formations régulières.

Olivier Costa : je suis le plus récent dans la fonction. Je dirai que l'importance des missions dépend des rôles attribués à chacun par chaque pays. Le Brésil compte 4 000 ressortissants dans toute la région, j'ai une tache administrative importante avec un pouvoir de remise des documents officiels. J'ai proposé de rajouter une dimension économique à cette mission de base : le consulat honoraire devient ainsi un maillon entre le terrain, les entrepreneurs et les pays. Nous essayons de tirer un profit économique de toutes les situations, qu'elles soient culturelles, sportives ou administratives.

Comment se positionne le consul honoraire dans l'ensemble de l'écosystème régional d'accompagnement des entreprises ?


Bruno Allenet : il y a eu par le passé la volonté de mettre en valeur le rôle économique des consuls mais il est difficile d'institutionnaliser une démarche commune en la matière à cause de la concurrence des pays. Récemment, nous avons relancé la coopération avec les Clubs d'Affaires internationaux, ils connaissent bien le tissu local. Il s'agit de faire du lien.
Nous sommes la seule région à avoir organisé, au sein de notre club informel, une cellule de recrutement des nouveaux consuls honoraires. Nous sommes rentrés dans une phase de renouvellement importante, nous sommes là pour aider les pays à identifier de bons candidats potentiels. Nous estimons qu'il doit être proche du monde économique, encore en activité et bien connaître les entreprises de sa région.

Hugues Pouzet : nous travaillons en lien étroit avec les équipes régionales de l'export ; la région compte beaucoup sur les consuls honoraires, même si les entreprises ne pensent pas assez à nous solliciter. Nous sommes en prise plus directe avec les pays que certains organismes

Olivier Costa : nous avons un rôle de facilitateur. Nous sommes la porte d'entrée sur la région, comme celle sur le pays. Je travaille avec l'attaché commercial de l'ambassade du Brésil à Paris. Le pays avait une politique protectionniste jusqu'ici, mais l'ouverture qui se dessine, avec les prochaines élections présidentielles, est très intéressantes. Le Brésil est un pays lointain, mais connu. Nous œuvrons à des flux réciproques entre les deux pays.

Alioune Diop : nous travaillons avec des sociétés et des ONG essentiellement pour des projets français à destination des régions du Sénégal. Ce sont parfois de petits projets, qui pénètrent bien les territoires ou des projets plus importants, comme l'installation du Groupe Océdis au Sénégal.

François Turcas : en France, nous comptons 120 000 entreprises exportatrices contre 450 000 pour l'Allemagne. Il faut donner aux entreprises l'envie de sortir et pour cela, il faut les accompagner sur place, leur proposer des services personnalisés. Le consul a un rôle fondamental de mise en relation, de culture de l'amitié pour mieux se parler. C'est à nous d'aller les voir sans attendre qu'ils se décident à venir. Nous organisons des réunions entre nous. C'est très constructif pour les échanges.
Ce pourrait être une nouvelle voie d'entrée pour le gouvernement, à condition qu'il y ait une belle harmonie entre tous. Pour le moment, il y a trop d'ambiguïtés entre la Région et la Métropole, chacun doit faire un effort pour la réussite de tous.

Comment montrer le bon exemple ?

François Turcas: le consul a un rôle important, mais il ne peut pas donner la direction, il ne peut se contenter que de mettre de l'huile dans les rouages. Il n'a souvent pas la puissance de feu, ni les moyens, car l'argent se trouve dans les institutions…

Bruno Allenet : c'est un facilitateur, l'aiguillon nécessaire à la mise en œuvre d'une politique globale.

Hugues Pouzet : il a un rôle limité, mais important. C'est une représentation modeste, mais bien active d'un Etat.

Fen Qian, Advantelec : "il est difficile de s'implanter dans un pays sans contact"
"Je suis une industrielle, je ne connais pas toutes les spécificités de chacun. Ce serait intéressant que les services consulaires s'organisent pour nous présenter de façon globale leur pays. Ensuite, les voyages économiques, comme celui organisé par le consul de Russie auquel nous avons participé, ne sont bénéfiques que si les services sont personnalisés, les contacts précis. Il est difficile de s'implanter dans un endroit sans liens sur place. C'est ce que j'attends d'une ambassade. C'est indispensable pour accélérer les différentes étapes de prospection."

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