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Conjoncture - Une reprise d'activité incertaine selon la CCI

Du 6 au 10 avril 2020, ce sont 1968 échanges qui ont eu lieu entre des conseillers CCI et des chefs d'entreprises, via l'ensemble des dispositifs mis en place par la CCI depuis le début de la crise, pour aider les chefs d'entreprise à faire face et les orienter vers les dispositifs adaptés.
Conjoncture - Une reprise d'activité incertaine selon la CCI

Economie Publié le ,

De ces échanges au plus près du terrain, émergent des informations précieuses sur l'état des entreprises, l'évolution de leurs difficultés et leurs demandes urgentes auprès de l'Etat.

Une activité économique qui se poursuit difficilement : 63% des entreprises maintiennent leur activité

Deux tiers des entreprises continuent leur activité (63%). La réalité par secteur d'activité est très différente : alors que les cafés-hôtels-restaurants (CHR) sont quasiment à l'arrêt, ainsi que les commerces hors alimentaires, 77% des industriels et 73% des entreprises de services poursuivent leur activité.

Le niveau de production est en-dessous de 70% pour deux tiers des répondants (65,5%). 80% des CHR répondants ont un niveau de production en-dessous de 20%. Parmi les entreprises encore en activité, une très grande majorité (95,5%) n'envisage pas d'arrêter son activité pour l'instant, et ce quel que soit le secteur d'activité.

85% des entreprises enregistrent une baisse des commandes et des ventes

La principale conséquence de la crise est la baisse des commandes et des ventes (85%). Viennent ensuite les difficultés de livraison clients (25,5%), la rupture d'approvisionnement en matières premières (22%), les difficultés à régler les fournisseurs (8,3%), l'import/export en baisse (7,7%), les défauts de sous- traitants/co-traitants (5,6%), la perte ou la dévalorisation des stocks (4,5%).

Focus par secteur d'activité

CHR

Baisse des commandes et des ventes (97%) et perte ou dévalorisation des stocks (19,4%).

Commerce

Baisse des commandes et des ventes (82%), rupture d'approvisionnement (18%), difficultés de livraison clients (17%).

Industrie

Baisse des commandes et des ventes (80%), difficultés de livraisons clients (41%), rupture d'approvisionnement en matières premières (38%).

Services

Baisse des commandes et des ventes (85%), difficultés de livraison clients (28%), rupture d'approvisionnement (19%).

Emploi

Près de 75% des entreprises ont recours au chômage partiel

Les principales conséquences sur les salariés sont la mise en chômage partiel (74,3% des répondants), au télétravail (39,8%), en absences pour garde d'enfants (18,8%), en arrêt de travail (13,8%) ou en congés (12,8%). 17,8% des entreprises ont des équipes présentes physiquement sur site (96% ont pu mettre des mesures de protection en place).

CHR et commerces

Les salariés sont essentiellement en chômage partiel (pour 97% des répondants des CHR et 77% des commerçants).

Industrie

81% des entreprises qui ont répondu ont mis des salariés en chômage partiel et 46% en télétravail, tandis que 38% sont toujours sur site.

Services

64% des entreprises ont mis des salariés en chômage partiel et 62% en télétravail.

Une santé financière des entreprises sur le fil : 67% des chefs d'entreprise reportent leurs échéances.


Si la grande majorité (82,4%) des clients ne demandent pas de délais de paiement fournisseurs, des difficultés de paiement se font sentir de plus en plus...


Les clients demandent plus souvent des délais dans l'industrie (plus de 31%).

Plus des deux tiers (67%) des entreprises ont demandé des étalements de charges :

principalement des reports ou étalement d'échéances sociales et fiscales (86,3%), et des reports ou étalements d'échéances bancaires (65,8%), puis l'obtention ou le maintien d'un crédit bancaire via Bpifrance (31,8%) et des reports ou un étalement des échéances fournisseurs (18%).


Elles sollicitent particulièrement le prêt garanti par l'État dont les délais d'instruction sont parfois longs. Parallèlement les dirigeants des TPE commencent à percevoir les aides issues du fonds de solidarité.

La trésorerie des entreprises est encore plus tendue au début du mois d'avril. Pour tenter de soulager ces tensions de trésorerie, les dirigeants ont massivement recours aux accompagnements financiers, bancaires, ainsi qu'aux aides de l'Etat, dont ils saluent les décisions.

L'annulation des charges fiscales et sociales sur toute la durée du confinement est très clairement demandée par les chefs d'entreprise.
Une sortie de crise qui commence à s'anticiper, mais une reprise qui s'éloigne...

Les dirigeants évoquent de plus en plus le mois de septembre comme date de réelle reprise. Deux scénarios semblent se dessiner en fonction des secteurs d'activité :

Pour le secteur des cafés hôtels restaurants (CHR) et des services à la personne : une reprise molle avec une grosse interrogation sur le comportement des clients après cette longue période de confinement.

Pour le BTP et l'industrie

une reprise brutale suite à l'arrêt total de nombreux chantiers avec la double problématique de la garantie de la sécurité des salariés et de la difficulté de l'approvisionnement pour assurer une reprise rapide des chantiers et de la production.

En termes de gestion des ressources humaines, les dirigeants sont face à de nombreuses inconnues : Quand les salariés vont-ils revenir ? A quelle cadence ? Comment absorber le surcroît d'activité à venir ? Comment étaler les congés lors de la reprise ? Comment gérer les approvisionnements indispensables en masques, gants et gel pour la sécurité des salariés ?

Les actions commerciales restent la priorité des dirigeants qui tentent de conserver un maximum de contact avec leurs clients.

Des actions de prospection et de communication sont envisagées par tous pour identifier de nouveaux marchés (site internet, développement de projets...)

Certaines entreprises souhaitent bénéficier d'une aide au redémarrage d'activité.

Paroles de chefs d'entreprise

Un commerçant – vente de chaussures : « Il y a une grande inéquité de traitement dans les dispositifs prévus : je suis commerçant, assimilé salarié, et je n'ai pas droit au fonds de solidarité car ma rémunération, les cotisations obligatoires RSI et les dividendes me font dépasser le plafond des 60 000€. Je subis donc une triple peine, car je n'ai de ce fait pas droit ni à l'absence de pénalités lors des reports de charges, ni aux aides mises en place par la Métropole de Lyon et l'aide de la Région. »

Un commerce de détail : « Les habitudes de consommation et les aspirations des clients vont changer : circuits courts, moins d'emballage... »

Une entreprise - services à l'industrie : « L'Etat doit se projeter au-delà d'avril-mai. Il y aura un besoin de soutien au moins sur la durée de l'année 2020, car c'est l'année entière qui sera fortement impactée ».

Une petite entreprise - industrie « L'entreprise a de la trésorerie, ça va, mais cela fait mal au cœur de voir 10 ans de trésorerie fondre en 3 mois. »

- Une PME - services : « Nous sommes peu impactés ; nous avons beaucoup de travail, mais si cela dure, on va être touché comme tout le monde. En sortie de crise, il faudra repenser les relations commerciales : chaque entreprise devra, plus qu'avant, acheter les services situés dans sa région. »


- Une grande entreprise – BTP : « Nous avons reçu des règles pour redémarrer les chantiers des grands donneurs d'ordre comme l'OPAC, mais les règles sont très contraignantes. »

- Une PME – industrie : « Grosse problématique avec les services de la poste. Nous sommes plusieurs dirigeants à rencontrer ce même problème : bureaux de poste fermés, trop de délais de distribution du courrier. »

- Une PME – services à l'industrie : « Cette crise va bouleverser nos relations commerciales. ».

« Nous prenons acte du prolongement du confinement tout à fait nécessaire d'un point de vue sanitaire, mais qui est un vrai défi pour les chefs d'entreprise... Les banques doivent assumer jusqu'au bout la mission que l'Etat leur a confiée en soutien des entreprises, notamment dans la mise en place du prêt garanti par l'Etat. Cette nouvelle échéance renforce d'autant plus le rôle de notre CCI aux côtés des entreprises. Après avoir aidé, renseigné et soutenu près de 9200 entreprises depuis le début de la crise, nous restons plus que jamais mobilisés pour poursuivre notre accompagnement et dessiner, avec les entreprises, les conditions du meilleur redémarrage possible » a déclaré Philippe Valentin, Président de la CCI.

L'objectif de la CCI est de contacter 50 000 chefs d'entreprises dans les jours et semaines qui viennent, afin d'apporter soutien, accompagnement et orientation aux entrepreneurs de son territoire, surtout les plus petites entreprises.

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