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Edito : Conduite à gauche

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Edito : Conduite à gauche
DR - Intérieur d'une Peugeot 2008

ActualitéEditos-Billets Publié le ,

Il y a huit ans, 54. Cette année, 2 000. Voici en euros sonnants et trébuchants l’évolution de la prime versée par la direction aux salariés de PSA. Bénéficiaire pour la première fois depuis 2010, le constructeur automobile (2,97 millions de véhicules produits en 2015, dont 995 000 en France) repasse ainsi dans le vert, à la grande satisfaction du président Carlos Tavares. Le résultat de trois années de sacrifices, qui redonne le sourire à des ouvriers gangrénés par une perpétuelle inquiétude sur leur avenir et qui console DS, Citroën et Peugeot, les marques de PSA. On s’en souvient, PSA a frôlé le dépôt de bilan début 2014, sauvé alors par la double intervention de l’Etat et de la société automobile chinoise Dongfeng, tous deux entrés au capital à hauteur de 14 %. A l’aune de ses belles performances financières, le constructeur voyagera l’esprit léger en terre suisse, où il dévoilera, lors du Salon international de Genève (du 3 au 13 mars à Palexpo), un concept-car DS surprise, qui devrait capter l’attention des visiteurs et susciter l’émerveillement aux côtés d’une DS3 restylée.

Cette bonne nouvelle sur le front industriel fait écho aux (surprenants) bons chiffres du chômage dévoilés mercredi par le ministère du Travail. Où l’on apprend le recul du nombre de demandeurs d’emploi de catégorie A de 0,8 % en France métropolitaine et de 0,3 % en Auvergne - Rhône-Alpes. A contrario de la majorité des départements de la grande région mais à l’instar de la Loire et de l’Ain, le Rhône affiche une hausse, certes modeste (+ 0,1 %), de ces demandeurs d’emploi. Cette baisse notable au plan hexagonal ne semble pas constituée un élément suffisant pour conclure à une inversion de tendance. Des interrogations demeurent, à commencer par le bond inexpliqué des défauts d’actualisation. Les demandeurs d’emploi, désireux de bénéficier des services de Pôle Emploi et de percevoir les indemnités ad hoc (allocation de solidarité spécifique, RSA, assurance-chômage…), sont tenus d’actualiser leur profil et de renseigner leur situation. En cas de non-respect des démarches susnommées, ils sont de facto désinscrits des listes. Sans jouer les Cassandre, il s’avère judicieux d’attendre les prochaines statistiques de l’emploi afin de valider une chute plus durable.

Sur la scène politique, Martine Aubry vient de commettre, dans Le Monde, une tribune acerbe cosignée par plusieurs personnalités socialistes et écologiques, qui admoneste un gouvernement auquel on reproche son incurie et son indolence. Peu douée pour l’équanimité si nécessaire au politique et avec un héritage (les 35 heures) régulièrement objet d’assauts acrimonieux et séditieux, la maire de Lille s’emporte face aux 41 milliards d’euros « mobilisés pour rien » au bénéfice des entreprises dans le cadre du pacte de responsabilité, tance le « désolant débat sur la déchéance de nationalité et le projet de loi sur le travail de Myriam El Khomri » et craint « un affaiblissement durable de la France ». La réponse de Manuel Valls fut prompte et ciselée comme une lame de rasoir. Celui qui dit incarner la gauche du XXIe siècle rappelle à qui veut l’entendre qu’il tient fermement le cap et ne compte pas freiner le train des réformes.

L’une d’elles a soulevé un vent de colère chez les auto-écoles. Ces dernières appellent à une mobilisation d’ampleur, lundi 29 février, et envisagent, sinon de bloquer Lyon, au moins de montrer les muscles et d’alerter le grand public et les collectivités sur le devenir de la profession. La cause du courroux ? La modification des bornes de données de l’examen du code, et le remplacement de 700 questions par un millier d’autres à la complexité avérée. Si les professionnels du permis de conduire ne nient pas la pertinence d’un renouvellement de l’examen, qui pourrait par ailleurs devenir payant (30 €) après son ouverture à des opérateurs privés agréés, ils jugent sévèrement l’insuffisance des nouveaux supports pédagogiques mis à disposition pour former les jeunes et un calendrier hâtif. Déjà mobilisées contre la loi Macron le 9 février 2015, les auto-écoles reprendront donc la route de la contestation un an après. Une impression de déjà-vu !

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