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Comédie de Valence, si loin, si près

Publié le - - Spectacle vivant

Comédie de Valence, si loin, si près
© jean-louis Fernandez - "L'Empereur d'Atlantis" : petite forme, mais grand effet

Du théâtre à l'opéra, Richard Brunel et son collectif donnent la priorité à la création sur tous les fronts, notamment dans l'agglomération lyonnaise.

Emotion et musicalité au TNP pour L’Empereur d’Atlantis de Viktor Ullmann. Pour cette reprise, le metteur en scène Richard Brunel bénéficie d’une distribution de tout premier choix composée, à l’exception de Piotr Micinski, d’artistes de l’Opéra Studio. Parmi eux, les voix prometteuses du baryton Samuel Hasselhorn (rôle-titre) et du ténor Mikkel Skorpen (Arlequin) qui s’était déjà fait remarqué dans L’Homme qui prenait sa femme pour un chapeau de Michael Nyman. Cet opéra superbement dirigé par Vincent Renaud a révélé les qualités acoustiques de la grande salle du TNP où, la saison prochaine, sera présenté Le Couronnement de Poppée de Monteverdi.


Après L’Empereur d’Atlantis de Ullmann, la Comédie de Valence joue les prolongations du festival d’opéra avec Brundibar de Krasa. Deux ouvrages écrits par des compositeurs « dégénérés », étiquette collée sur les musiciens allemands de confession juive. Cette présence de la scène drômoise prolonge une saison où Richard Brunel et son collectif artistique ont brillé sur la scène lyonnaise et régionale. Ce collectif réunit Catherine Ailloud-Nicolas (dramaturge), Lancelot Hamelin (auteur et metteur en scène), Norah Krief (comédienne et chanteuse) Eric Massé (comédien et metteur en scène) élargissent le cercle à Caroline Guiela Nguyen, de la troupe des Hommes Approximatifs, Jeanne Candel et Samuel Achache du Crocodile Trompeur ainsi qu’à Mathurin Bolze, circassien et chorégraphe lyonnais. Chacun d’entre eux apporte sa pièce à l’édifice d’une saison donnant, plus que dans n’importe quelle autre salle de Rhône-Alpes, la priorité à la création.


La saison a commencé à Valence, sous la houlette de son patron, avec une nouvelle production de Roberto Zucco, ultime pièce de Bernard-Marie Koltès. Richard Brunel met en scène la cavale d’un jeune meurtrier italien (inspiré par un fait divers) dans un décor carcéral de métal et de coursives, un univers sombre et sale. Il déploie un art de la gestion d’espace qui fait passer la pilule d’un texte, pas le meilleur de Koltès, qui a pris quelques rides. Dans ce "soap opera" les acteurs défendent leur personnage sans tomber dans la caricature.  Verrons-nous ce spectacle à Lyon la saison prochaine ?


Autre membre du collectif, Eric Massé a sillonné l’agglomération (Oullins, Tassin, Saint-Fons) avec deux spectacles. Malentendus, adaptation du roman de Bernard Leclair, raconte les retrouvailles d’un frère sourd muet, parti depuis longtemps, de sa sœur et de son frère aîné à l’occasion du partage de l’héritage familial. A travers cette histoire, l’auteur tisse le fil de l’itinéraire classique d’un homme rejeté par un père, un industriel du Nord, qui l’a obligé à l’oralité. Mais on retiendra surtout la reprise de Femme verticale, une ode, drôle et poétique, à l’émancipation de la femme.


Le Théâtre de la Croix-Rousse a accueilli deux autres productions. D’abord Fugue, un spectacle de Samuel Achache où les interprètes attendent le public, dans une cabane de trappeurs au pôle sud où une chercheuse allemande  (Anne-Lise Heimburger) se réfugie pour oublier un amant mort. L’histoire n’est que prétexte à une fantasmagorie musicale, charpentée  en forme de fugue et nourrie par des pages extraites d’un vaste répertoire qui va du Moyen Age à la deuxième moitié du XVIIIème siècle. Moins séduisant, Chagrin de Caroline Guiela Nguyen. L’histoire d’une famille modeste, dans la veine des films des Frères Dardenne, des personnages perdus en gestes compulsifs, voire régressifs, dans un réalisme vécu par une partie du public avec un mélange de malaise et de voyeurisme, comme un lointain écho à l’émission Strip tease. Reste à découvrir trois spectacles.
Antonio Mafra

Prochains rendez-vous

Brundibar de Hans Krasa, nous ramène à Terezin où le compositeur, a été déporté. Cet opéra met en scène des animaux qui aident deux enfants à chasser l’odieux Brundibar qu’interprète Mathieu Gardon. Krasa adapta la partition pour les conditions matérielles du camp où elle fut jouée devant la délégation de la Croix-Rouge. Le lendemain, la plupart des interprètes furent envoyés à Auschwitz. (

Théâtre de la Croix-Rousse,  29 mars au 3 avril)


Barons Perchés, le nouvel opus de Mathurin Bolze ainsi que Ici ou là maintenant ou jamais, spectacle créé avec le Cheptel Aleïkoum, figurent à l’affiche du prochain festival utoPistes. (Théâtre des Célestins du 9 au 11 juin).






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