AccueilSociétéCollectivités - Grand-Lyon : Gérard Collomb, réélu dans un fauteuil

Collectivités - Grand-Lyon : Gérard Collomb, réélu dans un fauteuil

On lui prédisait le pire, mais le maire de Lyon, Gérard Collomb, a su convaincre bien au-delà des « siens » pour remporter haut la main la victoire au Grand Lyon.

ActualitéSociété Publié le ,

L’écart avec son adversaire est grand. Avec 92 voix sur 162 (dès le 1er tour), il a été facilement réélu pour accomplir un troisième mandat. Avant de devenir le président de la future Métropole au 1er janvier prochain.


Aisée. Large. Enorme, diront certains. Surprenante, scanderont les autres. La victoire de Gérard Collomb, qui a glané exactement 92 suffrages sur les 162 possibles, s’est quelque peu transformée en triomphe. Du côté de son adversaire, l’UMP François-Noël Buffet, la déception le disputait également à la surprise. Dans les rangs de la droite, on ne s’attendait sûrement pas à un tel delta.

Trahizon

Les négociations ont été longues, rudes, âpres. Chaque élu étant tour à tour sollicité par l’un des deux camps, celui du président sortant et celui du challenger, qui avançait mercredi 16 avril avec de légitimes ambitions, au sortir d’élections municipales favorables à sa famille. Jusqu’à la dernière minute, chaque postulant au siège de président du Grand Lyon a multiplié les rencontres, argumentant, promettant des sièges pour mieux s’assurer le soutien des votants. Il faut croire qu’à ce petit jeu, Gérard Collomb est passé expert. L’analyse des votes s’avère donc intéressante. Si Gérard Collomb a capitalisé à gauche, il n’a en revanche pas bénéficié des votes de certains élus du Gram et du Front de Gauche. En témoignent les neuf abstentions. En revanche, il a pu compter sur les voix de maires du groupe Synergie et de maires estampillés UDI, certains de ces derniers ayant clairement failli à leur parole. D’où la réaction virulente de certains caciques de la droite lyonnaise. Au premier chef, François-Noël Buffet, bien sûr, mais aussi Michel Forissier et Philippe Cochet. Pour Michel Forissier, secrétaire départemental de l’UMP et maire de Meyzieu, « ce vote est une surprise. Certains avaient assuré François-Noël Buffet de leur soutien. Ils n’ont visiblement pas tenu leurs engagements et je le déplore. De plus, le vote n’est pas représentatif du rapport de forces politiques dans l’agglomération ». Déception identique chez Philippe Cochet. Le président de la fédération UMP du Rhône a tenu des propos cinglants : « Certains auront maintenant du mal à se regarder dans une glace ».

Soutien ne rime pas avec carte blanche

S’il a apporté son écot à la victoire de Gérard Collomb, le maire de Villeurbanne, Jean-Paul Bret (PS), n’a pas délivré carte blanche à celui qui va assumer un troisième mandat. Bien au contraire, son discours s’avérant offensif, voire menaçant : « Nous voulons un exercice plus collectif des responsabilités. Demain ne pourra pas être comme hier. Le mandat précédent n’est pas un bon exemple ». Gérard Collomb a pris acte de ces griefs, savourant quand même un beau succès. Quasi inespéré, du moins dans son ampleur. Il a dit son émotion, sa « très grande joie » et ce « très grand honneur de présider de nouveau cette assemblée. Nous savons tous que, dans les mois qui viennent, un travail important va devoir être réalisé pour réussir cette transformation qui marque évidemment une grande ambition pour notre territoire ». Après avoir retracé le bilan des deux mandats précédents, au cours desquels, selon lui, « notre agglomération a tant progressé, nous avons définitivement changé d’échelle », il s’est projeté sur la nouvelle histoire, « plus ambitieuse encore : la Métropole, un nouveau modèle, un défi. Nous maintiendrons ce qui fait aujourd’hui la force du Grand Lyon : sa capacité à développer de grands projets, à mettre en place un système de déplacements performant, à organiser l’aménagement de notre territoire, à préserver et développer la place de la nature en ville… » Qualifiant la future Métropole de « tremplin », il a ajouté qu’avec elle, « nous allons avant tout gagner en proximité ». Côté calendrier, les élus se réuniront mercredi 23 avril pour choisir les vice-présidents. Et avec seulement 25 strapontins (40 lors de la mandature précédente), les places seront prisées. Et les appétits aiguisés. Avec de nouveaux déçus à la clé ?

L.Odouard



Le décompte des bulletins

162 votants
92 voix pour Gérard Collomb
58 pour François-Noël Buffet
2 pour Christophe Boudot
1 pour Jean-Paul Bret
9 abstentions

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