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Cinéma : Bruno Reidal, comment l'histoire d'un enfant tueur a fait avancer la criminologie à Lyon

Vincent Le Port réussit un film aussi sensible que passionnant, thriller clinique, esthétique, et historique, sur une affaire survenue en 1905, dont on connaît aujourd'hui les détails grâce au professeur Lacassagne de la faculté de médecine de Lyon.
Cinéma : Bruno Reidal, comment l'histoire d'un enfant tueur a fait avancer la criminologie à Lyon
DR - Bruno Reidal est interprêté par Dimitri Doré

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Le 1er septembre 1905, le jeune Bruno Reidal, 17 ans, fils de paysan pauvre du Cantal, élève brillant, séminariste à Saint-Flour, tue sauvagement un garçon de 12 ans, François Raulhac, dans les bois, près de son village.

Il l’étrangle, lui assène plusieurs coups de couteau, le décapite, puis va se constituer prisonnier à la gendarmerie. Il dira être pris de pulsions de meurtre depuis son plus jeune âge.

Pour comprendre le geste de Bruno Reidal (admirablement porté par l’acteur Dimitri Doré), des médecins, avec à leur tête, Alexandre Lacassagne, lui demandent de relater sa vie depuis son enfance jusqu’au jour du crime, et après…

Tout est consigné par écrit, jusqu’au moindre détail, par l’équipe du professeur de médecine de la faculté de Lyon (joué par l’excellent Jean-Luc Vincent), inventeur de l'anthropologie criminelle et d'une école de criminologie, dite « école lyonnaise ».

L’histoire vraie retrouvée dans les archives, le réalisateur la découvrit d’abord dans un livre du journaliste spécialiste des tueurs en série : Stéphane Bourgoin.On se prend à se demander ce que cette affaire pu donner en la transposant à notre époque...

Cru sans être outrancier, parsemé de quelques scènes explicites, le film est interdit aux moins de 16 ans, il permet d’approcher autant que faire se peut, de l’intérieur de sa tête, la vie de souffrances de celui qui deviendra bourreau.

Le film présenté à Cannes en 2021 dans la Semaine de la Critique, est un travail de cinéma plus réussi que nombre de films hollywoodiens sur le sujet des serial kiler. Le protagoniste est un tueur en série qui s’est arrêté après le premier épisode.

"Bruno Reidal" évoque le lien direct entre la jouissance sexuelle et le meurtre

Bruno Reidal racontera qu’il a lutté depuis toujours contre ses désirs assassins à l’encontre de certains garçons qu’il disait « détester », parce que « trop beaux », parce que plus « riches », et plus heureux que lui …

Troublantes, détaillées, les mémoires du tueur font état de son goût effréné pour le plaisir sexuel masturbatoire en lien direct, dans sa psyché, avec l’acte de tuer, qui restera fantasmé, retenu, contrôlé, jusqu’au 1er septembre 1905.

Le film entre dans le lien direct entre la jouissance sexuelle et le meurtre, le fameux diptyque souvent évoqué à tout bout de champ, éros et thanatos. Un lien rarement évoqué aussi clairement au cinéma, et avec autant de talent.

Film projeté au Lumière Bellecour, Comoedia (Lyon), Le Zola à Villeurbanne.
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