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Cinéma - Toutes nos envies, de Philippe Lioret

La mort à crédit Philippe Lioret ne pouvait pas mieux tomber dans le suspens macro-économique qui nous tombe dessus, et son jeu de dominos de la dette des états à l’échelle internationale. Toutes nos envies, est un très beau film pédagogique et de combat qui a évité les deux principaux écueils que présentait son sujet : le pathos ou le documentaire.

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La mort à crédit

Philippe Lioret ne pouvait pas mieux tomber dans le suspens macro-économique qui nous tombe dessus, et son jeu de dominos de la dette des états à l’échelle internationale. Toutes nos envies, est un très beau film pédagogique et de combat qui a évité les deux principaux écueils que présentait son sujet : le pathos ou le documentaire. Lioret a tapé juste. Tous les juges de tous les tribunaux de grande instance de France devraient voir ce film. Avec une double allégorie sur le cancer qui ronge la vie de Marie Gillain et le cancer qui ronge la société : le profit financier sans limite, Toutes nos envies n’est pas la comédie du mois, mais, malgré le poids immense du propos, Lioret réussit à nous mener jusqu’au bout dans cette histoire doublement sombre en apportant une lueur d’espoir. Metteur en scène obstiné et méticuleux, Philippe Lioret, après Welcome, récidive brillamment avec son « compagnon d’armes », Vincent Lindon. Le réalisateur parvient, film après film, à bâtir une œuvre engagée et universelle, du côté du faible contre le fort, en tous cas contre l’injustice. Un cinéma beaucoup plus direct et moins allusif que ne le faisait en son temps, Costa-Gavras. Librement inspiré d’une histoire réelle (tirée du livre d’Emmanuelle Carrère, « D’autres vie que la mienne », le thème du petit juge contre les tenants du crédit à la consommation, est excellemment bien traité. Les héros de cette fable pourraient œuvrer face au milieu de la drogue, de la prostitution ou de la délinquance en col blanc, la thématique est éternelle. Le film met le couteau dans la plaie, dans notre société, dans notre époque. La consommation, moteur de la croissance dit-on en France, l’un des champions mondiaux de la consommation intérieure (« 130Md€, c’est le budget français du crédit à la consommation »). Consommation qui met à la rue bon nombre de citoyens, et des états entiers, qui, comme le consommateur moyen, n’ont pas lu « les petites lignes « en corps 5 » au dos du contrat.

Eric Séveyrat

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