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Cinéma - To Rome with love, de Woody Allen

Avec To Rome with love, Woody Allen rend hommage à la culture européenne qui coule dans ses veines et aux cités qui ont marqué sa formation d’artiste et de créateur.

ActualitéSociété Publié le ,

Après Midnight in Paris, c’est la ville éternelle que l’auteur de Manhattan a choisi comme toile de fond et acteur de sa comédie vaudevillesque. Comme Rohmer marquait ses acteurs au point de leur donner son phrasé littéraire (cf. Luchini), les acteurs de Woody Allen font du Woddy, parlent comme Woddy, bougent comme Woody (sauf Alec Baldwin qui reste lui-même). Après Woody, on fera encore des films à la Woody Allen (pour preuve, le film de Sophie Lellouche sorti le 18 juillet, Paris-Manhattan). Le maestro apparaît peu à l’écran et délègue large place à un grand Alec Baldwin, la voix de l’expérience et de la sagesse (« Avec l’âge, ce n’est pas la sagesse qui vient, c’est l’épuisement… ! »). To Rome est une jolie fable moraliste dans le bon sens du terme, Alec Baldwin est la conscience, le Jiminy Cricquet de Jesse Eisenberg (le Mark Zuckerberg de Social Network), étudiant sérieux à qui la dolce vita et le charme juvénile d’Ellen Page vont tourner la tête. Dans la marge de son scénario « romain », Woddy égratigne la culture italienne, la révérence absolue à l’opéra, la télé poubelle… le tout servi par Roberto Benigni, touchant et désopilant. Légère et « happy ending », To Rome, comme toujours chez Allen, est une comédie plus profonde et intelligente que la surface ne laisse voir. Le cinéaste de l’intellect ne dénoterait pas au côté de Michel Onfray dans une conférence de l’université libre de Caen : « Si tu as contact avec Freud, tu lui diras qu’il me rende mon argent ! J’ai usé trois psy et aucun d’eux n’a réussi avec moi, je n’en peux plus d’entendre parler du « moi » du « sur-moi » et du « ça » ! » dit Woddy à son épouse psychiatre, qui n’a de cesse d’analyser son époux à tout bout de champ : « Bien sûr, tu es le seul cas à n’avoir qu’un seul cerveau avec trois « ça » ! » C’est sûrement la meilleure défi nition de Woddy Allen par lui-même.

Eric Séveyrat

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