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Cinéma - The Artist, de Michel Hazanavicius

Jean Dujardin y compris, c’est le film entier qui cabotine, et reste au niveau d’un pastiche honnête, accompagné par un marketing d’enfer : comment faire le maximum d’entrées avec une idée aussi folle ? Le coup de dé sera réussi, bingo ! Les entrées seront là, le prix d’interprétation de Dujardin à Cannes va amplement aider (mais Dujardin pourrait interpréter www.pagesjaunes.fr, il serait génial).

ActualitéSociété Publié le ,

Dommaaage, Hazanavicius nous avait habitués à tellement mieux, avec OSS notamment. Cela dit l’exercice et les contraintes que se sont imposés les faiseurs de The Artist n’étaient pas des plus cotons, et l’on peut leur rendre cet hommage : le film est muet, ça ne s’entend pas, et pourtant il est bien bavard. Certains films « parlant » de Robert Bresson comportent à peine moins de dialogues audibles que The Artist, mais dégagent tellement plus d’images. Le passage du muet au parlant a été mille fois traité, par les majors compagnies elles-mêmes, et le thème de la star déchue itou, qu’elle refuse le parlant ou qu’elle soit refusée. Cela dit on relèvera une bonne réplique à double entrée de Bérénice Béjo : « Mais pourquoi ne veux-tu pas parler ? ». Le metteur en scène a-t-il voulu rendre hommage au muet noir et blanc, ou a-t-il voulu tourner comme un photographe qui ferait du noir et blanc, et utiliser une technique réutilisable pour un autre film ? Si la performance est là, l’intention n’est pas forcément louable. Les acteurs du muet n’en faisaient pas autant que Dujardin qui en rajoute à chaque image comme le « Monsieur plus » de Bénenuts jadis dans les salles de cinéma : regardez comme je fais bien l’acteur muet, mais c’est vrai qu’il le fait bien !

Eric Séveyrat

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