Cinéma - Racines

Ce n’est pas parce que Tarantino met en scène l’homme noir triomphant qu’il va lutter contre le racisme.

ActualitéSociété Publié le ,

Il ne faut pas voir avec Django unchained autre chose qu’un grand divertissement.

Pour ce qui concerne la morale du film, on ne peut qu’être d’accord avec Spike Lee, le réalisateur de Malcom X, qui a lancé la polémique aux US en rejetant d’emblée la démarche de son collègue Tarantino. Ce dernier ne révèle rien et n’apprend rien à personne en matière d’esclavage aux USA. La série télévisée Racines est passée dans l’imaginaire collectif mondial il y a déjà plus de trente ans. Reste que les jeunes générations, qui se pressent en masse dans les salles pour Quentin, y découvrent quelques bribes assez crasseuses de l’histoire de la plus grande démocratie du monde. Une histoire de ségrégation noirs/blancs qui perdure bien après l’abolition officielle de l’esclavage dans le sud des Etats- Unis jusque dans les années 1960. A noter que le film sort en France au moment où l’Amérique célèbre le Martin Luther king’s Day, qui est un jour férié outre-Atlantique. Une fois posé ce préambule, on peut parler du film. Un Tarantino, c’est toujours une gifle infligée au spectateur. Une gifle précédée d’une longue, d’une très longue caresse qui berce le spectateur, tout comme les adversaires de Dr Schultz et de Django dans le film : un boniment et pan ! Un coup de revolver ! Les références à Sergio Leone sont explicites mais on peut y voir aussi le Arthur Penn tendance Little big man et pourquoi pas un côté Jeremiah Johnson de Sydney Pollack. Jamie Foxx et Christoph Walz sont remarquables tout autant que Leonardo di Caprio. Si Tarantino remplit les salles sans que les cinéphiles ne se sentent honteux d’aller voir un blockbuster, c’est qu’il a son style inimitable qui casse les codes du cinéma de genre, qu’il aborde le western, le film de guerre, le film de gangster... C’est toujours avec brio. Son passé de tenancier de vidéo club lui a permis d’ingérer, de digérer, de recycler dans son imaginaire d’artiste des milliers de films et d’influences, surtout venues d’Hollywood. Il réussit le grand écart entre le cinéma indépendant et la superproduction américaine. En cela, il est un exemple pour bien des jeunes cinéastes.

Eric Séveyrat

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