AccueilSociétéCinéma - Poor lonesome driver ! - Drive, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gossling

Cinéma - Poor lonesome driver ! - Drive, de Nicolas Winding Refn, avec Ryan Gossling

C’est le genre de type auquel il ne vous viendrait pas à l’idée de demander s’il a eu son permis dans une pochette surprise ! Drive est une réussite ! A priori, la promo de ladite production vous pousserait à penser qu’il s’agit du énième film de stock car pour ado amateur de violence routière.

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C’est le genre de type auquel il ne vous viendrait pas à l’idée de demander s’il a eu son permis dans une pochette surprise !

Drive est une réussite ! A priori, la promo de ladite production vous pousserait à penser qu’il s’agit du énième film de stock car pour ado amateur de violence routière. Loin de là, le jury cannois n’a pas fait fausse route en lui décernant le prix de la mise en scène en mai dernier, on est en présence d’un vrai style dans un film de genre qui reste « d’action ». Nicolas Winding Refn dirige Ryan Gossling (le beau gosse de Crazy, stupid, love., lire l’Essor du 30 septembre) dans le Los-Angeles de la pègre et des petits métiers de Hollywood (le héros est mécanicien et cascadeur pour arrondir les fins de mois). Dans la veine de ses grands prédécesseurs, Ryan Gossling convoque inévitablement Steve mac Queen (ce n’est pas pour rien que Bullit est l’un des films de chevet du metteur en scène). Danois d’origine, le turbulent auteur de la trilogie des Pusher, Nicolas Winding a réussi un film sobre et efficace, avec un personnage central mi héroïque, mi humain. Des rebondissements assez inattendus et surtout une ambiance hémoglobine et adrénaline qui vous oblige à vous accrocher au siège et à regretter qu’il n’y ait pas de ceinture de sécurité dans les cinémas. Cela dit, Winding n’abuse pas des courses poursuites, et se tient à un scénario bien ficelé jusqu’au bout. On ne lui reprochera que sa vision du moteur à quatre temps : les bons, les méchants, les victimes, le héros ! N’est pas Tarentino qui veut, et d’ailleurs Winding n’essaie même pas. On est dans une veine classique des meilleurs crus, du style « I’m a poor lonesome driver ! », héros anonyme et solitaire dans la grande ville. Les méchants ont des vraies gueules de méchants garanties grand teint (excellents Ron Perlmann et Albert Brooks ).Los Angeles y est filmée de façon différente, loin des décors clinquants des séries policières habituelles ou des bas-fonds sordides. On découvre des rues, des ruelles et des paysages peu filmés. Driver appelle-t-il un Driver 2 ? C’est la question qui reste en l’air à la dernière image.

Eric Séveyrat

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