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Cinéma - Polanski revient

Jubilatoire, érotique, intellectuel, intelligent, sensible, militant, génial, Polanski (80 ans cette année) revient.

ActualitéSociété Publié le ,

Explications.

Il y a les bons cinéastes et plus haut, bien plus haut, il y a Roman Polanski. Le juif errant (lui c’est vrai ! De la Pologne aux Etats-Unis en passant par la France) revient à ses premières amours, celles du jeu avec la folie, la perversité, la perte de soi, et autres sujets abyssaux avec brio, et une direction d’acteurs au cordeau. On retrouve le Polanski du Locataire, celui du Pianiste, qui va très loin et au-delà de ce que l’on peut imaginer. « Je n’ai pas lu le livre de Léopold von Sacher- Masoch », a déclaré le cinéaste. Le film est inspiré de la pièce de David Ives. Les ingrédients érotiques du « père » du masochisme sont présents, et soudain le film s’envole vers une ode aux femmes, un discours féministe en diable. On est constamment sur un fil, celui de la réalité vécue des personnages : une petite actrice et un metteur en scène censé tirer les ficelles et celui de la pièce. Patatras ! La manipulation consentie d’un homme par une femme. Emmanuelle Seigner remarquable entre la gouaille boulevardière, « genre » titi parisienne, et la grande classe d’une Hanna Schygulla. Amalric, double troublant de Polanski, petit homme et intellectuel de génie, à la merci de ses pulsions infantiles (Masoch enfant dans le roman a été fouetté nu sur une fourrure par sa tante, devant le public des domestiques ! Ceci expliquerait tout le masochisme !). C’est souvent dans les règles du théâtre classique que se construisent les oeuvres les plus subversives : « Tu vas appeler ta femme et tu va lui dire que tu ne rentreras pas ce soir sans lui donner aucune explication », balance Wanda, avant de jeter au sol le portable de Thomas. La Vénus offre l’unité de lieu, de temps et d’action propre au théâtre. Et, en prime, c’est du cinéma ! Polanski place sa caméra dans tous les angles possibles de son théâtre le temps d’une soirée, on est tantôt spectateur dans la salle, acteur impliqué, on frémit pour elle, et pour lui, puis on s’indigne, on s’interroge : tout ce décorum sadomaso (à l’image de bien des rapports humains) ne serait-il qu’une histoire de petit macho frustré par sa « manman » ?

Eric Séveyrat


La Vénus à la fourrure, de Roman Polanski, avec Emmanuelle Seigner, Mathieu Amalric.

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