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Cinéma - Open space

On est parfois si loin d’y croire dans Gravity qu’on a l’impression que George Clooney, va lancer ex abrupto : Gravity, what else ? Et proposer une tasse de café à Sandra Bullock, parce qu’elle le vaut bien.

ActualitéSociété Publié le ,

Explications.

Au fond, le réalisateur Alfonso Cuaron, à défaut d’inventer quelque chose au cinéma, découvre l’accident de travail dans un nouveau milieu pénible : l’espace ! Est-ce que le seul intérêt de Gravity ne serait pas qu’il se déroule précisément dans l’espace ? Cuaron se comporte un peu, à juste titre, comme un Arthus-Bertrand de l’espace (regardez comme c’est beau l’espace et voyez ce qu’on en fait !) mais c’est aussi le problème du film. Si le couple-héros du film vivait son aventure dans un refuge de montagne, dans les abysses des océans, dans une centrale nucléaire ou dans une compagnie d’autoroutes, on pourrait avoir le même résultat. Tout cela n’explique pas le bel enthousiasme consensuel qui accueille le film. Certes on y apprend que l’on salit l’espace autant que la planète à force de produire des déchets de stations spatiales aussi sûrement que des carcasses de bagnoles. La belle affaire ! On avait un peu compris cela, y compris dans le cinéma du genre. Gravity brise le charme des sagas d’aventures de l’espace, les Star Wars maniaques apprécieront ! Il se trouve, de plus, qu’il s’agit d’un homme et d’une femme, et non des moins séduisants, ben voyons ! Au fond, ce qui marche et ce qui plait dans Gravity tient à la structure extrêmement classique, et à une vieille recette, en moins bien réussie, de type Salaire de la peur (de Clouzot avec Vanel, Belmondo, Ventura 1953). Une mission, des risques, des héros. L’aventure spatiale n’est plus ce qu’elle était, et Gravity fait quelque chose de très grave. Le film fait voler en éclat les rêves de gosses de la génération Apollo puis de la Navette spatiale. Que reste-t-il du mythe de la conquête spatiale ? Que reste-t-il de l’aventure humaine, puisque l’homme salit tout, détruit tout ? Déprimant non ? A quand la grande saga d’une conquête d’une planète nouvelle pour faire planer le spectateur ?

Eric Séveyrat

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