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Cinéma - Le temps des reprises

N’est-ce pas Maurice Pialat qui disait à propos de Jacques Prévert : « Un type qui a écrit “Quelle connerie la guerre !” ne m’intéresse pas ! » ? Dans la série des reprises de l’été, si on ne l’a jamais vu, Le Roi et l’Oiseau réalisé par Paul Grimault, avec des textes de Jacques Prévert, mérite le détour, mais le film d’animation, sorti en 1979, supporte moins bien la deuxième vision.

ActualitéSociété Publié le ,

Explications.

Le Roi et l’Oiseau, réalisé par Paul Grimault, avec des textes de Jacques Prévert, décédé deux ans avant la sortie du film, a eu ce mérite des précurseurs en 1979, de révéler une nouvelle forme du genre, le film d’animation pour « adultes et enfants ». Qu’il comporte un message ou pas (celui-ci sur les excès du pouvoir est un peu lourdement asséné), le film d’animation français des années 1980-1990 (premiers films de Michel Ocelot), comme japonais (c’était les débuts de Myiazaki et des studios Ghibli), commence à s’adresser à des adultes aussi. Le cinéma américain d’animation en est encore loin, même en 2013 (les Américains seront toujours de grands enfants !). Qu’on aime ou pas Prévert (qui signe aussi le scénario) et ses inventaires, le film de Paul Grimault est un pionnier du genre et développe une esthétique empreinte de choses vues, qui ont imprimé la rétine des cinéphiles et des autres : de Métropolis de Fritz Lang pour la cité du roi, à de vagues réminiscences de Star Wars pour le robot, en passant par les paysages dévastés à perte de vue chez Dali. Le problème (ou la qualité) du film réside dans la lenteur ressentie en 2013 ; aujourd’hui, toutes les productions sont sursaturées de sons et d’effets spéciaux. Les procédés techniques de l’animation balbutiante en 1977-1979 n’avaient pas encore la palette du tout numérique et du champ de ses possibles. Cependant, Le Roi et l’Oiseau est encore jeune, et comme le muet a eu son purgatoire, les débuts de l’animation pour adultes devront attendre une génération peut-être, avant que l’on y trouve à nouveau intérêt, et que l’on y revoit son invention esthétique.

Eric Séveyrat

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