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Cinéma - La part des anges, de Ken Loach

Il n’y a actuellement que Ken Loach pour réussir une comédie souriante avec des petites frappes issues des bas quartiers de Glasgow. On a le sentiment de se répéter chaque année ou presque : heureusement que Ken Loach est là pour nous donner à voir la société britannique, la vraie, celle des quartiers middle class ou d’autres moins favorisés (derniers films : Looking for Eric, 2009 ; Route Irish en 2010...).

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Il n’y a actuellement que Ken Loach pour réussir une comédie souriante avec des petites frappes issues des bas quartiers de Glasgow.

On a le sentiment de se répéter chaque année ou presque : heureusement que Ken Loach est là pour nous donner à voir la société britannique, la vraie, celle des quartiers middle class ou d’autres moins favorisés (derniers films : Looking for Eric, 2009 ; Route Irish en 2010...). On fuit Notting Hill pour les faubourgs de Glasgow et l’Ecosse des distilleries. Dégagez les bobos, bonjour les gamins de banlieue au destin poussif, englués dans la petite délinquance et l’acculturation. Avec tout ça, Ken Loach a réussi à faire une comédie drôle et touchante, avec quatre pieds nickelés et un éducateur de rue. Exit aussi les précautions politiquement correctes sur l’alcool, mais le whisky n’est pas de l’alcool, c’est une deuxième religion en Ecosse ! Et peu importe si une bande de gamins mal élevés s’en sort un peu grâce au scotch whisky et quelques entorses à la morale. C’est le côté Robin des bois de Ken Loach : dans une société amorale par le haut, pas grave de prendre un peu aux riches pour aider les pauvres. Comme toujours, Ken Loach s’entoure d’acteurs incroyables, qui rendent leurs personnages très attachants. Comme le grand benêt de 30 ans qui n’a jamais vu une photo du château d’Edimbourg, ni ne connaît Mona Lisa ou Einstein. Le puissant cinéma américain et ses séries télévisées nous donnent à voir par la marge, de bonnes images de la société dans tous ses aspects. Le chétif cinéma anglais, lui, est réduit à la portion congrue, comme l’italien ou l’allemand. Alors que l’espagnol et le français s’exportent plus. Ainsi Ken Loach est le plus imaginatif et inventif des cinéastes réalistes. C’est un peu un Depardon qui serait capable d’avoir des scénarii à suspense. Un grand photographe/ cinéaste qui prend parti pour les plus vulnérables de nos sociétés, et les propulse en héros du « struggle for life ». Le film a obtenu le prix du jury à Cannes en 2012.

Eric Séveyrat

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