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Cinéma - La Marche - « Nous partîmes 500… »

Honnête et émouvante représentation de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, le film de Nabil Ben Yadir a l’immense mérite d’exister (un peu tard dira-t-on),et d’être une reconstitution fidèle d’un mouvement spontané et populaire. En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris.

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Honnête et émouvante représentation de la Marche pour l’égalité et contre le racisme de 1983, le film de Nabil Ben Yadir a l’immense mérite d’exister (un peu tard dira-t-on),et d’être une reconstitution fidèle d’un mouvement spontané et populaire.

En 1983, dans une France en proie à l’intolérance et aux actes de violence raciale, trois jeunes adolescents et le curé des Minguettes lancent une grande Marche pacifique pour l’égalité et contre le racisme, de plus de 1000 km entre Marseille et Paris. Malgré les difficultés et les résistances rencontrées, leur mouvement va faire naître un véritable élan d’espoir à la manière de Gandhi et Martin Luther King. Ils uniront à leur arrivée plus de 100 000 personnes venues de tous horizons, et donneront à la France son nouveau visage. Le film, programmé de longue date dans le cadre des trente ans de la Marche, sort dans un contexte d’actualité troublé par les attaques racistes dont a été victime Christiane Taubira, ministre de la justice. Les interprétations d’Olivier Gourmet, Tewfik Jallab, Charlotte Lebon entre autres, sont impeccables, et le film montrent bien l’obstination non-violente de ces militants, victimes de violence raciste dans leur chair. D’ordinaire le cinéma, qu’il soit proche du militantisme ou qu’il se contente d’utiliser un contexte historique en toile de fond, s’empare plus vite des évènements. Pour preuve le récent « La Bataille de Solférino » sur fond des dernières présidentielles, un peu plus loin dans le temps, Mai 68 a été vite traité par Romain Goupil dans « Mourir à 30 ans ». Sans parler de la Résistance filmée dans La « Bataille du rail » de René Clément, très tôt après la Guerre (1946). Bien que les situations et les propos racistes du film rappellent des choses vues et entendues en 2013, et, par ailleurs, quitte à faire un film commémoratif, Nabil ben Yadir aurait pu aller beaucoup plus loin et bâtir, à la façon d’un Claude Lanzmann, un film qui eut fait écho aux années 2010, filmer des scènes dans la veine : 30 ans après…mais le film aurait été moins grand public ! Eut-il pour autant moins bien servi la cause ?

Eric Séveyrat


La marche de Nabil Ben Yadir, avec Olivier Gourmet, Tewfik Jallab, Vincent Rottiers …

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