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Cinéma - Journal de France, de Raymond Depardon - Le monde est une sous-préfecture

Un sourire de jeune femme en noir et blanc filmé dans les années 70, c’est celui de Claudine Nougaret, compagne de vie et de cinéma du documentariste le plus célèbre de France depuis qu’il a photographié François Hollande dans une position officielle. Avec Claudine Nougaret, le Caladois Raymond Depardon (natif de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône) a parcouru des kilomètres de pellicule pour parvenir à ce voyage dans l’espace et dans le temps, Journal de France, de la ferme familiale du Garet au Biaffra, de Giscard au Tchad.

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Un sourire de jeune femme en noir et blanc filmé dans les années 70, c’est celui de Claudine Nougaret, compagne de vie et de cinéma du documentariste le plus célèbre de France depuis qu’il a photographié François Hollande dans une position officielle.

Avec Claudine Nougaret, le Caladois Raymond Depardon (natif de Villefranche-sur-Saône dans le Rhône) a parcouru des kilomètres de pellicule pour parvenir à ce voyage dans l’espace et dans le temps, Journal de France, de la ferme familiale du Garet au Biaffra, de Giscard au Tchad. Depardon ne juge pas, il pose l’appareil photo (à chambre) ou la caméra devant le spectacle : un vieux bistrot, une zone industrielle, un banc avec quatre vieux assis… Malgré ses cinquante ans de carrière, le photographe a toujours des airs d’amateur, à la Jouvet dans Quai des Orfèvres (« Je photographie des vieilles maisons ! »). Dans « Urgences » dans les années 80, Depardon est le premier à fi lmer la misère dans les hôpitaux de Paris, avant que les télévisions racoleuses ne s’en emparent pour dévoyer le genre. Depardon ne fait pas de commentaires sur son époque. Il montre, et laisse tourner la caméra jusqu’à épuisement du sujet. Pas de nostalgie non plus mais un tout petit ronronnement que l’on aimerait plus « rugissant » car Depardon aurait des choses à dire sur l’époque. Celui qui rêvait d’emmener une femme dans le désert a réussi sa vie d’artiste. Il a emmené plusieurs femmes dans le désert : Claudine Nougaret, puis Sandrine Bonnaire (dans La Prisonnière du désert). Il fut le premier à décrocher une interview de Françoise Claustre, ethnologue française otage au Tchad pendant près de 3 ans, à partir de 1974. Pour lui, pas de hiérarchie – et c’est toute la différence entre un artiste et un journaliste – la dramaturgie est la même dans la France des sous-préfectures, qu’à l’autre bout du monde, dans les points chauds de la planète.

Eric Séveyrat

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