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Cinéma - Et si on vivait tous ensemble

Stéphane Robelin a réussi le tour de force de réunir à l’écran cinq véritables monstres sacrés que sont Jane Fonda, Géraldine Chaplin, Guy Bedos, Pierre Richard et Claude Rich.

ActualitéSociété Publié le ,

C’est la plus grosse qualité du film, mais ce n’est pas assez pour justifier son utilité. Le propos du film est tout sauf nouveau. Les « Vieux de la vieille » de Gilles Grangier, en 1958, évoquait déjà une histoire de vieux garnements indisciplinés et rebelles, avec Gabin, Pierre Fresnay et Noël- Noël. Pas besoin du concept de troisième âge et du débat sur le financement de la dépendance en 2011 pour comprendre que « les anciens » en ont assez d’être « placés » en maisons de retraite dès qu’ils ne sont plus « productifs » même s’ils sont encore valides. Cela dit l’idée d’une maison d’amis est plutôt séduisante et correspond à une idée en vogue de la solidarité dans une même génération (la fameuse solidarité entre les générations ayant du plomb dans l’aile). Si le film mérite d’être entrevu (à défaut de mieux), c’est que ses acteurs sont émouvants, un par un et… tous ensemble. Ils totalisent entre 350 et 400 années de vie à eux cinq, ça compte. Voir Jane Fonda jouer la femme de Pierre Richard, Géraldine Chaplin, celle de Guy Bedos et Claude Rich en vieux grigou érotomane vaut le détour. Comme on dit quand on ne sait pas quoi dire : ça donne une leçon de vie ! Le réalisateur a dû en voir de toutes les couleurs à diriger autant de personnalités, et de caractères forts. On entend d’ici Bedos ou Claude Rich dire au metteur en scène : « Ecoutez mon jeune ami, on va faire comme ci et comme cela, ce sera mieux, non ? » Le rendu n’est pas mauvais, il manque juste un peu de souffle pour être dans la drôlerie et se révèle comme une comédie d’époque légère, sans prétention mais sans épaisseur non plus. Le rôle du thésard ethnologue qui observe les vieux en train de vivre, très bien joué par Daniel Brühl, ne parvient pas à nous fournir la distance nécessaire, et le film est constamment entre la comédie et la satire grinçante, sans vraiment être dans la dénonciation ni dans l’humour à 100 %. Il eut fallu choisir un vrai parti pris pour que le film nous laisse un vrai souvenir.

Eric Séveyrat

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