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Cinéma - Divine idylle

Comment risquer de faire un film moyen sur un sujet aussi fort que le conflit israélo palestinien ? C’est le défi relevé sans brio par Loraine Lévy qui signe un film manichéen bourré de bonnes intentions. Le fils du juif israélien et le fils du musulman palestinien sont mis face à face par le destin, contraint de se fréquenter à la suite de circonstances incroyables.

ActualitéSociété Publié le ,

Comment risquer de faire un film moyen sur un sujet aussi fort que le conflit israélo palestinien ? C’est le défi relevé sans brio par Loraine Lévy qui signe un film manichéen bourré de bonnes intentions.

Le fils du juif israélien et le fils du musulman palestinien sont mis face à face par le destin, contraint de se fréquenter à la suite de circonstances incroyables. Au Moyen-Orient, les scénarios les plus improbables peuvent se produire, le problème du film n’est pas dans sa vraisemblance. Il est plutôt dans l’alignement de clichés : le père juif est évidemment colonel dans l’armée israélienne, le père palestinien est un ingénieur privé d’emploi par l’oppression israélienne, et les deux garçons sont capables de tout dépasser, ils sont de plus, beaux, intelligents, instruits chacun dans leur genre. Le film est vu du petit bout de la lorgnette avec un filtre à la française : « Si tous les gars du monde voulaient se donner la main… ». Ces deux gars-là sont francophones, une chance, le musulman est même étudiant en médecine à Paris. On se retrouve donc dans une sorte de « modus vivendi » sur un terrain qui ressemble à quelque chose de « laïc »... Lorraine Lévy fait un rêve, il n’est pas interdit de rêver avec elle. Elle rêve qu’il est possible de raconter une histoire de réconciliation par-delà les attentats terroristes, par-delà un mur de neuf mètres de hauteur ! Les mères dans ce « Fils de l’autre » sont aussi admirables que les fils – Emmanuelle Devos comme Aaren Omari apportent beaucoup au film. D’une façon parallèle mais trop symétrique le couple des pères (Pascal Elbé, Khalifa Natour) donne, dans la scène du café, une idée de l’incommunicabilité entre les deux peuples, les deux religions. Lorraine Lévy semble vouloir tendre un miroir à chacune des parties en présence, ce qui est louable mais insuffisant non seulement pour instruire le débat (est-ce le rôle du cinéma ?) mais pour faire un bon film, et c’est plus ennuyeux !

Eric Séveyrat


Le fils de l’autre de Lorraine Lévy, avec Emmanuelle Devos, Pascal Elbé, Jules Sitruk…

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