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Cinéma - De rouille et d’os, de Jacques Audiard

Jacques Audiard a toujours affectionné les univers et les personnages baignant dans la violence (De battre mon coeur s’est arrêté, Le Prophète, Sur mes lèvres...).

ActualitéSociété Publié le ,

Ça cartonne sec dans De rouille et d’os, c’est la valse des bourre-pif, les dents volent, le sang gicle, bref, on n’est pas vraiment dans Ma Nuit chez Maud, mais qu’importe ! En même temps, le héros est boxeur : s’il avait fait couture, ç’aurait été différent ! Comme on aurait pu le dire des dialogues de son père Michel : si vous n’aimez pas ça, n’en dégouttez pas les autres ! Audiard aime les femmes qui en ont, qui aiment les hommes qui en ont ! Mais si cela s’arrêtait là, ce serait un peu court ! Le hic, c’est que c’est du cinéma et du bon, c’est mis en scène, c’est filmé (pas téléfilmé !), ça transpire l’amour du beau plan, de la suggestion, de la vitesse du montage, qui ne laisse pas de place à la sensiblerie malgré le mélodrame !

Du cinéma, du bon !

Pour une fois, le réalisateur qui aime les fables de société se collette avec une histoire d’amour. On pense immanquablement à la situation d’Intouchables dans sa version, Un homme et une femme. On passera très vite sur la lecture qui crève l’écran : une handicapée physique avec un handicapé affectif. On s’attachera surtout à suivre les pérégrinations mentales de ces deux êtres. Un homme et une femme que tout rapproche et que tout oppose comme le dit le cliché. Matthias Schoenaerts (Ali) est une sorte de Franck Ribéry, pas plus embarrassé que ce dernier par sa culture, brut de décoffrage, et sérieusement alourdi par un manque de savoir-être et de maturité. Mais il ne demande qu’à apprendre à vivre, apprendre à aimer, à dire « Je t’aime ! ». Marion Cottillard arrive à faire oublier qu’elle est là parce qu’elle a le meilleur flair du cinéma français pour dénicher les grands rôles, et se révèle un peu plus touchante qu’à l’accoutumée. Jacques Audiard a le chic pour dégotter les rôles masculins, et les acteurs hors normes, c’est le cas pour Matthias Schoenaerts. Tout ce cinéma-là fait du bien !

Eric Séveyrat

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