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Cinéma - Dans la maison, de François Ozon

Moins maniéré, mais un peu plus bavard (un peu trop), le cinéma de François Ozon évolue.

ActualitéSociété Publié le ,

Dans la maison, comme ses précédents films (Huit femmes, Potiche…), oscille entre les genres. Mais c’est plutôt réussi. Comme si Ozon cherchait à échapper au film d’auteur, alors qu’il est bien de ce côté-ci du ciné, un bon auteur, une signature.

On est entre la comédie douce-amère (comme dirait Télé7jours), la comédie dramatique, le thriller, le mélodrame, le tableau de société, voire même la parodie de thriller américain (le décor réel de la ville nouvelle de Serris (Marnela-Vallée) y fait furieusement référence). Pas besoin de trouver une case pour ce film dont on ne sait trop s’il est moyen, bon, voire très bon. Le problème, c’est que lorsque l’on pratique plusieurs sports à la fois, il est difficile de décrocher une médaille d’or dans toutes les disciplines. C’est le cas d’Ozon pour ce film qui apporte néanmoins beaucoup de plaisirs. C’est un peu comme le bonheur dont on se demande depuis des lustres s’il n’est pas, au fond, composé de petits bonheurs. Ainsi, on a le petit bonheur Lucchini, on a le plaisir d’une peinture sociale très savoureuse de la famille « normale », on a le petit frisson du thriller, on se délecte avec Emmanuelle Seigner et Kristin Scott-Thomas… Et toute une série de plaisirs ironiques et drôles sur l’art contemporain, l’Education nationale, le mode de vie des classes moyennes, la Chine triomphante… Mais la comédie parasite le thriller, et réciproquement. Le film manque de sobriété, et d’émotion, même si le talent de Lucchini nous porte vers une empathie émouvante pour ce pauvre prof de lycée, dépassé par ce qui lui arrive. Le mélange de la réalité et de la fiction mène au destin de Germain (Lucchini) dans le film. Le destin qui guette beaucoup d’intellectuels de la littérature, aurait dit Marguerite Duras. Mais au fond, Dans la maison est le film de Fabrice Lucchini, même s’il dit à longueur d’interviews que « le réalisateur est le patron », tout Lucchini est dans le film : sa passion Flaubert, sa passion La Fontaine, sa passion des textes, sa passion des aphorismes. Des passions que l’on partage car l’on est un peu « Dans la maison » de Lucchini.

Eric Séveyrat

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