AccueilActualitéSociétéCinéma - Comédie subtile, acteurs sublimes

Cinéma - Comédie subtile, acteurs sublimes

Cherchez Hortense fait partie de ces films qui ne ressemblent à rien de connu et à qui beaucoup de films devraient ressembler tant il y a plaisir à voir défiler devant nos yeux les avatars et les acteurs de cette comédie douce-amère. Damien est sûrement l’un des plus importants rôles de sa vie d’acteur pour Jean-Pierre Bacri, pour qui le moindre quart de sourire correspond à une explosion de joie, et procure beaucoup plus d’émotion que mille autres gesticulations.

ActualitéSociété Publié le ,

Cherchez Hortense fait partie de ces films qui ne ressemblent à rien de connu et à qui beaucoup de films devraient ressembler tant il y a plaisir à voir défiler devant nos yeux les avatars et les acteurs de cette comédie douce-amère.

Damien est sûrement l’un des plus importants rôles de sa vie d’acteur pour Jean-Pierre Bacri, pour qui le moindre quart de sourire correspond à une explosion de joie, et procure beaucoup plus d’émotion que mille autres gesticulations. Quinquagénaire professeur de civilisation asiatique, Damien voit sa vie d’homme, de mari, et de père s’effilocher et se reconstruire doucement ailleurs sans qu’il le cherche vraiment. Le réalisateur Pascal Bonitzer a une façon brillante de prendre le spectateur à contre-pied des clichés attendus au cinéma, d’adresser des clins d’œil au spectateur en entretenant des vrais-faux suspens : lorsque l’on ignore l’issue d’une scène clé pendant plusieurs minutes (le coup de feu avec Jackie Berroyer) où lorsque le metteur en scène nous met sur une piste qui n’est pas forcément la bonne, et joue avec nos nerfs (la scène du train avec Isabelle Carré). Dans les Tontons flingueurs (Georges Lautner, Michel Audiard) en 1963, Claude Rich, alors tout jeune homme fougueux, jouait le rôle d’un fils de bonne famille un peu potache et bringueur, dont le papa, haut fonctionnaire de l’Etat, brigue la présidence de la Cour des comptes ; 49 ans plus tard, c’est lui-même qui campe un octogénaire encore vert, président de chambre au Conseil d’Etat, et papa de Jean-Pierre Bacri. La boucle est bouclée pour cet acteur sublime de talent et d’élégance, qui a toujours su donner le change, en ayant l’air de flotter dans l’air comme une bulle de savon au-dessus de la réalité du film et de son personnage. Comme tous les personnages du film (sauf Bacri) il cache ses blessures derrière ses sourires, tandis que son fils cache sa joie derrière ses bougonneries devenues légendaires. Cerise sur le gâteau, Bonitzer a eu la bonne idée de confier le rôle d’Iva, la compagne de Damien à Kristin Scoot-Thomas, qui ne maîtrise pas mieux sa vie de femme au tournant de la quarantaine, et part un peu dans toutes les directions. Le spectateur n’y voit en tous cas que légèreté et subtilité.

Cherchez Hortense, de Pascal Bonitzer, avec Jean-Pierre Bacri, Claude Rich, Kristin Scott-Thomas, Isabelle Carré, Jackie Berroyer…

Eric Séveyrat

Partage
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?