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Cinéma - Bye bye Blondie, de Virginie Despentes

Bye bye Blondie est une bluette keupon mélodramatique en diable, où l’on retrouve deux femmes matures, sensibles et courageuses.

ActualitéSociété Publié le ,

Virginie Despentes a écrit, d’après son roman éponyme Bye bye Blondie, une histoire d’amour et de nostalgie sur fond de culture punk-rock. Cette dernière est mise à l’épreuve de notre époque, rien n’y résiste. Au coeur du film, on entend Avec le temps de Léo Ferré, dont une version décalée est donnée dans le film, on pense surtout à une autre chanson de Ferré : La vie d’artiste : « […] si tu pensais à vingt ans qu’on peut vivre de l’air du temps, ton point de vue n’est plus le même... » Le reproche que l’on peut faire à Virginie Despentes, c’est d’avoir un peu perdu de sa subversion d’antan et notamment de « Baise-moi » sorti il y a 12 ans déjà. L’artiste dramaturge écrivain punk-rock la plus intelligente de sa génération a une provoc de retard en 2012. Cependant, pas de concessions : pas de pitié pour Gloria (Béatrice Dalle), la marginale au RSA, ni pour Frances, la vedette de la télé. Le film pourrait rejoindre les Catherine Breillat ou les Pialat mais reste souvent d’une mise en scène assez conventionnelle, malgré des scènes d’une grande intensité entre les deux femmes. C’est le problème des artistes qui ont été trop loin partout, tout le temps dans la provoc et le trash, on les attend au tournant ! Nostra culpa, le spectateur sensible à la persistance rétinienne s’attend à en prendre plein la figure, à en avoir pour son argent ! Reste 1 h 40 d’un film où Béatrice Dalle, telle qu’en elle-même, rayonne de ses défauts et de ses charmes et où Emmanuelle Béart se hisse à sa hauteur. Pascal Grégory en écrivain « asséché » et la troupe des acteurs de la bande à Despentes valent le détour.

Eric Séveyrat

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