AccueilSociétéCinéma - Blitz, d’Elliott Lester - Inspecteur Harry à la sauce britannique !

Cinéma - Blitz, d’Elliott Lester - Inspecteur Harry à la sauce britannique !

Classique mais efficace sans plus, Blitz s’inscrit dans une honnête tradition du film policier noir, copie lourdingue de l’inspecteur Harry.

ActualitéSociété Publié le ,

Un flic viril et solitaire, un tueur en série, de l’action.

Ce qui sauve un peu l’ensemble de sombrer dans l’anonymat, c’est que le flic un brin sadique est vraiment barré. Il répond à la violence par la violence devant l’innocuité de la
justice britannique (tous les flics du monde se plaignent de leur justice sauf dans les dictatures). Brant (c’est son nom) est l’électron libre face à sa hiérarchie comme L’Inspecteur Harry avec Clint Eastwood et comme Le Justicier avec Charles Bronson qui sont passés par là il y a déjà quelques printemps.
John Statham et son réalisateur Elliott Lester ont au moins les bonnes références. Les thèmes du film noirs sont éternels, hélas les scénarios aussi. Dans Tightrope (1984, La Corde raide), Clint Eastwood est aux prises avec un tueur de prostituées ; dans Blitz, Statham cherche à coincer un tueur de flics. Dans les deux cas également, le flic n’a pas confiance en la justice qui protège excessivement les tueurs. Dans Blitz, on a du mal à avaler la motivation profonde du psychopathe dans sa phobie meurtrière des policiers.
Pompé sur le personnage d’Harry, Statham n’a pas la classe de Clint Eastwood, mais il réussit dans un genre différent. Constamment affublé d’une veste de cuir qui lui sert de seconde peau, Brant est tellement clochardisé qu’on en craint l’odeur à travers l’écran. Macho paumé indécrottable mais il a bon fond, Brant s’en prend plein la tête par les femmes et par un collègue homosexuel. C’est toujours un plaisir de voir un cinéma européen non standardisé, en contradiction avec la vision hollywodienne des blockbusters. L’action se déroule à Londres, il pleut, les bas-fonds sont sales, les pauvres types à la dérive ont vraiment les cheveux gras, les policiers souffrent de solitude.
Assez bien aussi, le tueur, joué par Aiden Gillen, tête à claque psychopathe au torse glabre, rappelle un peu Mathieu Amalric voire Christopher Walken à ses débuts. Quelques qualités dans Blitz, qui mérite la moyenne sans plus.

Eric Séveyrat

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