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Cinéma - Avec les gros sabots !

Faut-il en rire ou en pleurer ? Présenté comme une comédie, le dernier opus de Michaël Youn se veut « une déclaration d’amour à la France ».

ActualitéSociété Publié le ,

Bizarre ! Vous avez dit bizarre ?

Bien que leur méconnaissance de la géographie soit proverbiale, les Français devraient situer sur la carte le Taboulistan. Perdu au coeur de l’Asie, ce modeste territoire n’est-il pas l’endroit où fut inventé le taboulé ? Mais il en faudrait davantage pour que ce bled entre dans l’histoire. Alors son « guide » décide de faire sauter la tour Eiffel, la mission étant confiée à deux pauvres bougres promus terroristes.
Après une courte approche de la langue de Molière, via quelques locutions généralement absentes du Larousse, et affublés de patronymes bien de chez nous (Michel Platini pour l’un, Yannick Noah pour l’autre), José Garcia et Michaël Youn (moustachus et barbus, comme il se doit) débarquent en France. Ou plutôt en Corse qui, comme chacun sait, n’est pas la France ! Marseille aussi, où ils sont confrontés à la grève des éboueurs et aux supporters de l’OM, n’est pas la France ! Tout comme le Sud-Ouest aussi, cette terre de rugby qui nous vaut une séquence plutôt musclée. Doux euphémisme ! Mais c’est où la France ? Pas même à Paris puisque, si l’on en croit un chauffeur de taxi, Paris n’est pas la France : c’est Paris !
Que l’on se rassure : l’attentat ne sera pas commis et la bonne vieille tour restera sur ses quatre pieds. Mais avant que le mot « fin » (en idiome taboulistan s’il vous plaît !) ne s’affiche sur l’écran, ce sont les travers des régionalismes qui s’enchaînent sur la toile. Ce qui pourrait être sympathique, s’ils n’étaient pas traités avec une infinie lourdeur. Plutôt que des espadrilles, les auteurs ont chaussé des pataugas ! Car l’humour n’est pas la qualité première de ce film, pourtant présenté comme une comédie. Autant Dany Boon avait su donner une image des plus attachantes du Nord et des Ch’tis, autant Michaël Youn (à la fois derrière et devant la caméra) accumule maladroitement les poncifs. Rendons-lui néanmoins grâce pour trois séquences : les paysages de la Dordogne, photographiés sur un fond de Douce France chanté par Trénet, une visite nocturne de Paris illuminée qu’accompagne une chanson de Jacques Brel et l’aveu du « terroriste » José Garcia devant un manège : « Je ne peux pas tuer des enfants ». Dommage que Vive la France ! ne s’achève pas sur cette réplique, son auteur ayant cru bon de le conclure par une séquence élyséenne digne d’un César. Celui du ridicule.

Jacques Savoye


Vive la France !, film de Michaël Youn, avec Michaël Youn, José Garcia, Isabelle Funaro, Ary Abittan, Vincent Moscato.

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