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Cinéma - Argo, de et avec Ben Affleck

Le terrorisme et les prises d’otages de 1979 n’avaient rien à envier à ceux de nos années 2000-2010.

ActualitéSociété Publié le ,

Le film de Ben Affleck, s’il ne montre pas l’horreur en gros plan (ça repose !) et fait l’économie de quelques litres d’hémoglobine, n'en reste pas moins ferme sur ses prétentions de thriller historique.

D’après une histoire vraie (révélée par la CIA 18 ans après les faits !), survenue à la suite de la Révolution islamiste en Iran, Argo a le mérite de rappeler que, concomitamment à la fin de la Guerre Froide, la guerre de l’Occident avec une partie du monde islamiste a commencé, et que nous y sommes toujours 33 ans plus tard. François Hollande lui-même n’aurait-il pas lâché il y a quelques semaines : « Nétanyaou est obsédé, il ne parle que de l’Iran (source : Le Canard enchaîné) ? ». Ben Affleck use de la liberté d’expression et ne manque pas de donner le rôle de méchant qu’ils méritent aux Américains en retraçant à grands traits le destin de l’Iran depuis la fin de la Seconde Guerre mondiale : déboulonnage du régime en place avec l’aide de la Grande- Bretagne, mise sur orbite du Shah, déboulonnage du Shah et survenue du régime des ayatollahs… Sévère mais juste avec les siens, le cinéaste renverse la vapeur dans le traitement cinématographique de la prise d’otage et montre des suppôts du régime de Khomeiny particulièrement « gratinés » dans leur aveuglement, leur bêtise crasse et leur cruauté envers tous les ennemis supposés. Tout Américain étant bien sûr le représentant direct de Satan sur la terre. Le rôle des nations amies (Canada - Etats-Unis), solidaires, est particulièrement sensible et bien illustré, le flamboyant et la toute-puissance des agents secrets sont remis à leur place, on n’est pas dans James Bond ! Le fi lm développe même de larges plages de drôlerie au second degré, avec l’irruption du monde frivole, décalé et insouciant d’Hollywood, comme machine de guerre « involontaire ». L’entertainment (un faux film de science-fiction en l’occurrence) fait consensus au-delà de l’idéologie théocratique. Grâce à cela, les Américains ont berné les plus irréductibles. La Planète des singes ou Stars wars sont décidément plus forts que toutes les tentatives d’endoctrinement de masse par la force.

Eric Séveyrat

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