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Cinéma - Amour, de Michael Haneke

On n’est jamais dans le pathos facile, ni le larmoyant, pourtant les images sont sensibles, précises, efficaces.

ActualitéSociété Publié le ,

Jean- Louis Trintignant et Emmanuelle Riva tenaient là, eux aussi, un potentiel prix d’interprétation à Cannes. L’ambiance sereine, paisible, un peu surannée qui règne dans l’appartement de ce couple saisit le spectateur, et le fait entrer de plain-pied dans l’intimité la plus difficile à approcher pour un cinéaste. Loin d’être étouffé par le cadre « théâtra l» de l’unité de lieu, on est intrigué, curieux, admiratif de chaque détail. Haneke apporte une lecture personnelle de son sujet à travers une histoire universelle d’amour, de vie et de mort. Il va très loin avec ses acteurs. Jean-Louis Trintignant, fascinant dans le film, a déclaré que c’était son dernier rôle. Emmanuelle Riva («Elle» dans le mythique Hiroshima mon Amour, 1959) a été aussi loin que l’on puisse aller dans le rôle d’Anne. Quelle entrée dans le cinéma pour le jeune pianiste Alexandre Tharaud, qui joue son propre rôle dans le film! Isabelle Huppert reprend du service avec Haneke (La Pianiste, Le Temps du loup). L’actrice est à nouveau plongée dans un monde de pianistes (Villa Amalia, de Benoît Jacquot), elle est d’une justesse plus étonnante encore à chacun de ses rôles. Le mérite en revient pour partie à Haneke, qui réussit à nous faire comprendre, si ce n’est aimer, chacun des personnages, et nous faire admettre comme évidences, les paroles et les actes, jusqu’aux plus extrêmes d’entre eux. Haneke, pour finir, nous montre les conséquences sur l’esprit de la disparition de l’être cher, c’est peut-être cela les fameuses «forces de l’esprit». On n’aimerait pas avoir une fin de vie comme celle d’Anna, mais on aimerait peut-être avoir quelqu’un comme Georges (Trintignant) à ses côtés.


Eric Séveyrat

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