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Cinéma - 38 témoins, de Lucas Belvaux

Le réalisateur belge Lucas Belvaux a été à bonne école en tant qu’acteur, avec les Chabrol, les Zulawski et autre Rivette, avec lesquels il fit longtemps l’acteur.

ActualitéSociété Publié le ,

Il signe 38 témoins que l’on a toutes les bonnes raisons d’aller voir. Réalisateur talentueux, Lucas Belvaux a donc commencé acteur. On se souvient, entre autres, de sa prestation dans Poulet au vinaigre de Chabrol, comme le petit facteur au côté de sa maman de cinéma, Bernadette Lafont. 38 témoins, son dernier long-métrage (après Rapt, La Raison du plus faible), est un bijou de mise en scène, de placement de caméra, de direction d’acteurs. Qu’on se rassure, comme sur une robe de grand couturier, on ne voit pas le travail ! Le résultat est excellent et les images justes succèdent aux plans pertinents. Une oeuvre aboutie et maîtrisée qui met le spectateur sur le grill, sans donner de leçon. On est surpris de se sentir frustré de ne pas avoir un effet spécial toutes les trois secondes, de ne pas avoir de sons transformés pour frémir à bon compte. Et puis finalement, on se dit : « Mais c’est bien sûr, c’est du bon cinéma ! » Le film de Belvaux est réglé comme du papier à musique, et pourtant l’émotion passe à bon escient, au bon moment, au tournant du film : lors du premier et surtout du deuxième cri, celui qui est à l’origine du film (?). Lequel est inspiré d’un fait-divers réel survenu aux Etats-Unis dans les années 60 et repris par Didier Decoin dans un roman récent. A noter que 38 témoins réhabilite le travail de journaliste au passage, via le personnage de Nicole Garcia. Il y a des films, trop rares, évidents jusqu’à leur dernière image, celui-ci en fait partie. Yvan Attal y participe grandement, et fait passer clairement le propos sans concession, de la culpabilité qui ronge son personnage et le rongera toujours. Avec des faux airs de Daniel Auteuil, Yvan Attal réussit avec brio ce second film avec Lucas Belvaux. Attal, qui n’est pas franchement un comique troupier dans ses rôles, est parfait dans le costume de cet homme torturé par un cri, par deux cris !

Eric Séveyrat

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