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Chroniques - Veillée d'armes

Que nous annoncent les journaux pour 1914 ? Exercice facile et cruel.

ActualitéSociété Publié le ,

On croit que Le Progrès se contente de gratifier ses lecteurs d’un dessin d’adieu à 1913, faisant cohabiter une paix bien utopique et une industrie bien peu écologique. En fait, il faut chercher dans les pages intérieures et quelques jours plus tard pour lire que l’année commence par le partage de la Turquie : « La mission militaire allemande n’est qu’un épisode d’une action concertée par les puissances de la Triple Alliance 1. (…) Un fait indiscutable, c’est l’action énergique de l’Allemagne et de l’Italie en Orient. Ce qui ne peut être nié, c’est que la succession turque est ouverte aujourd’hui. C’est la mission Sanders 2, ce sont les lignes allemandes qui vont représenter 5 000 km de voies ferrées en Asie mineure, c’est un camp allemand à Alep, c’est l’Italie à Adalia ; demain ce sera un port allemand en Turquie d’Asie pour l’escadre qu’on y entretient ; bientôt ce sera l’Allemagne au coeur de l’Arménie avec ses concessions. » Dans Le Salut public, André Lichtenberger se contente de peu : « Avez-vous présentes à l’esprit les prophéties qui furent énoncées il y a douze mois pour 1913 ? Moi pas, mais j’ai le souvenir assez net qu’elles étaient effroyables. Le nombre de catastrophes privées et publiques en expectative était infini. Toute l’Europe allait être à feu et à sang. Ceci était excessif. » Il pourra difficilement en dire autant en janvier 1915, lui qui conclue : « Après l’élection de M. Poincaré, le vote de la loi de trois ans atteste que la solidité nationale s’est raffermie. Et je pense que l’avenir nous le montrera plus clairement. » Le Nouvelliste affiche un pessimisme noir : « Les groupements qui se font et se défont changent les occasions ou les causes possibles d’une conflagration générale : mais d’ici quelques mois, rien ne prouve encore qu’elle n’ait pas lieu. Quelle tristesse de penser que c’est Doumergue à qui incombe la lourde charge de notre politique extérieure ! Poincaré, il est vrai, nous avait donné des illusions : mais quelques mois ont suffi pour qu’il descendit du piédestal où nos imaginations trop complaisantes l’avaient hissé. (…) L’année 1913 pourra s’appeler dans l’histoire : l’année des illusions. Prions Dieu pour que l’année où sa Providence vient de nous faire entrer ne soit pas encore l’année des dénouements et des catastrophes. » …/…


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5082 du samedi 4 janvier 2014

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