AccueilCultureExpositionCharles Matton, d'ombre et de lumière

Charles Matton, d'ombre et de lumière

Charles Matton, d'ombre et de lumière
© Archives Charles Matton

CultureExposition Publié le ,

Au sein du Cabinet de Sigmund Freud, piles de papier et sculptures égyptiennes se livrent bataille sur un beau bureau de bois massif. Ailleurs, dans un joyeux méli-mélo de pots de peinture et pinceaux enchevêtrés, L'Atelier de Francis Bacon nous plonge dans le quotidien de l'artiste. Quant au Loft du photographe, à l'épure industrielle caractéristique, il respire cette solitude et cet abandon si propices à la concentration. On s'y croirait… et pourtant : ces intérieurs ultraréalistes ne sont que modèles réduits issus de l'imagination de Charles Matton !

Dix-sept d'entre eux sont actuellement présentés au Musée de la miniature et du cinéma de Lyon. Inventaires fantaisistes ou représentations du réel, chacune de ces « boîtes » réalisées à l'échelle 1/7e possède un univers bien à elle. Aussi, quand il s'agit d'expliquer l'œuvre de l'artiste, c'est encore Sylvie Matton qui en parle le mieux : « L'inspiration de Charles s'est toujours nourrie de sa vie personnelle. Il aimait à encercler ses sujets, jeter sur eux un constat froid pour retrouver la réalité derrière les apparences », raconte celle qui fût sa muse pendant plus de trente ans.

Un simple outil de travail

Jouant tant du crayon que de la pellicule, du pinceau que du burin, Charles Matton est un artiste aux multiples facettes. C'est dans les années 1980 qu'il exprime son envie de peindre des intérieurs réalistes. Il s'emploie alors à aménager des pièces de manière à ce que l'éclairage, la disposition des meubles soient satisfaisants. Non content du résultat, Charles a alors l'idée de fabriquer ses propres décors : des versions miniatures, dont les moindres détails seraient passés à la loupe. Tapisseries, meubles, tables, commodes, livres, miroirs prennent vie sous les doigts de l'artiste, qui s'amuse à modeler le réel et lui donner substance. Ce « fabricant d'images » (comme il aimait à se définir) ne s'arrête pas là, allant jusqu'à photographier ses reconstitutions, puis repeindre les tirages. « Les boîtes miniatures, c'était un medium dans lequel il pouvait exposer d'autres mediums », résume Sylvie Matton. Autrement dit : un simple outil de travail.

Fort heureusement pour les amateurs, le « brouillon » s'est transformé en un art à part entière lorsque, en 1987, ses œuvres sont exposées pour la première fois au palais de Tokyo. Suivront des expositions à répétition, tant en France qu'à l'étranger, dont le succès ne s'est jamais démenti.

Musée de la Miniature et du Cinéma, jusqu'au 4 mars

Un rêve devenu réalité

On comprend mieux la fascination que pouvait ressentir Dan Ohlmann pour les boîtes de Charles Matton. Le conservateur du Musée de la miniature et du cinéma de Lyon l'avoue d'ailleurs sans retenue : il rêvait de cette exposition depuis quinze ans. C'est finalement par l'entremise de son ami Jean-Pierre Jeunet, admirateur de l'artiste, que le conservateur va rencontrer Sylvie Matton, qui l'aidera à mettre sur pied cette exposition. Par la suite, six ou sept de ces boîtes resteront à demeure, parmi lesquelles L'Atelier d'un sculpteur de nourrissons et Le Cabinet de Sigmund Freud. Beau score lorsque l'on sait que l'artiste a produit au total 84 boîtes, dispatchées chez les galeristes et les collectionneurs du monde entier.

Partager :
Abonnez-vous
  • Abonnement intégral papier + numérique

  • Nos suppléments et numéros spéciaux

  • Accès illimité à nos services

S'abonner
Journal du 15 janvier 2022

Journal du15 janvier 2022

Journal du 06 janvier 2022

Journal du06 janvier 2022

Journal du 01 janvier 2022

Journal du01 janvier 2022

Journal du 23 décembre 2021

Journal du23 décembre 2021

S'abonner
Envoyer à un ami
Connexion
Mot de passe oublié ?