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Chantier de réhabilitation - Grand Hôtel-Dieu de Lyon : la renaissance

Publié le - - Collectivités

Chantier de réhabilitation - Grand Hôtel-Dieu de Lyon : la renaissance
(DR)

Lieu emblématique de Lyon, en perpétuelle mutation, l’hôpital se révèle désormais inadapté à la médecine moderne.

Son second souffle, l’Hôtel-Dieu va le trouver en redevenant le carrefour de vie sociale et professionnelle qu’il a été au fil des siècles. Un espace ouvert et dynamique qui offre une multitude de services aux Lyonnais.
Il revenait à Didier Repellin, architecte en chef des Monuments Historiques, le site est entièrement classé, et à Bernard Vitiello, directeur-adjoint Eiffage Immobilier Centre-Est de revenir sur la genèse d’un projet qui aura demandé plusieurs années de gestation, le temps que le site délaisse peu à peu sa vocation première dédiée à la santé des Lyonnais, et qui aura au fil des siècles s’adapter aux évolutions technologiques de la médecine jusqu’à finir par jeter l’éponge devant des avancées devenues trop importantes pour lui.
Il revenait tout naturellement à Didier Repellin de brosser hâtivement l’état des lieux d’un site architectural marqué par la patte créatrice d’un architecte français emblématique, Jacques-Germain Soufflot (1713-1780) qui a conçu ce chef-d’oeuvre architectural qui sera par la suite peaufi né par le temps.
Loin de faire table rase du passé, le projet Eiffage retenu par les édiles fait le choix de rendre tous ses éclats à ce joyau architectural et de l’ouvrir au maximum sur la ville en ouvrant de nouveaux lieux publics de déambulation que sont les cours, aujourd’hui fermées, l’une d’entre elles accueillant même un jardin de plantes médicinales, et même l’emblématique grand dôme qui aura vocation de quasi place publique.
Figure de proue de cet ensemble monumental, un hôtel de luxe de 147 chambres, sous une enseigne prestigieuse, celle d’Intercontinental, partie visible de l’iceberg, elle servira de locomotive à un vaste complexe (voir les chiffres en encadré) dédié au tertiaire avec des surfaces de bureaux, un centre de congrès axé plus spécifi quement à l’univers de la santé, des commerces, quelques places de parking, et un musée qui à minima conservera les actuelles collections du musée des Hospices Civils de Lyon, implanté jusqu’alors sur 1 000 m2 mais qui pourrait voir sa surface accrue jusqu’à 4 000 m2 et sa vocation élargie pour devenir un véritable musée de la santé « une hypothèse sur laquelle nous travaillons activement, mais pour laquelle il faudra trouver les financements », reconnaît Bernard Vitiello. Il convient également de souligner que la chapelle est hors projet, et conserve sa vocation première.
Juridiquement, les Hospices Civils de Lyon restent le propriétaire bailleur et concède un bail emphytéotique de 94 ans, en fait 90 ans plus 4 ans de travaux, à Eiffage Construction international qui assure le financement. Et, l’enveloppe n’est pas mince, de l’ordre de 150 M€, soit la moitié du viaduc de Millau qu’a réalisé Eiffage. Des chiffres qui permettent à Didier Repellin d’affirmer que ce grand Hôtel- Dieu de Lyon est le plus grand chantier de réhabilitation en cours au plan national.
Concrètement, les travaux devraient démarrer au début de l’année prochaine pour une durée de 47 mois, c’est donc à l’horizon 2016 que les Lyonnais et leurs hôtes pourront s’approprier ce « nouveau » lieu, avec la livraison d’un première tranche, celle des bâtiments neufs de la rue Bellecordière dès 2015. D’ici là, les passants peuvent d’ores et déjà, jusqu’au 1er mars, découvrir les lieux grâce à une exposition de photographies d’Yves Marchand et Romain Meffre, présentée sur les façades.


Un grand musée de la santé

Depuis quatre ans, le professeur René Mornex a pris la tête d’associations qui oeuvrent en faveur de la création d’un Grand musée de la santé à l’Hôtel- Dieu de Lyon. Cela a abouti à la naissance d’une seule entité qui fédère une multitude d’entre elles représentant en fait quatre musées abritant cinq collections, toutes dédiées au domaine médical. Vaste projet donc, mais en péril, même s’il est soutenu par la majeure partie du milieu médical lyonnais, selon l’aveu même de ses soutiens. Si le projet est soutenu par le groupe Eiffage, en charge de la rénovation de l’Hôtel-Dieu, qui était le seul à positionner un musée dans le cadre de la vaste opération de réhabilitation, il ne bénéficie en revanche pas du soutien des principales collectivités ou organismes concernés au premier chef, à savoir la ville de Lyon et les Hospices Civils de Lyon. Pourtant l’enjeu est de taille annonce le professeur Mornex, à savoir conserver la mémoire de la place de la médecine à Lyon, mondialement reconnue, et ce, dans un site historique. Loin d’être passéiste, le projet propose un agrandissement de l’actuel musée des HCL (1 000 m²) dans un lieu beaucoup vaste (4 000 m²) qui n’aurait pas pour seule vocation la présentation des collections actuelles. « Il s’agit davantage de se diriger vers une sorte de cité de la science à vocation pédagogique qui présenterait un patrimoine immatériel », explique René Mornex.
Reste à convaincre les édiles, reconnaît René Mornex, pas tant pour les investissements, de l’ordre de 20 M€ étalés dans le temps, que pour le fonctionnement, de l’ordre de 1 M€, raisonnablement autofinancé à hauteur de 30 %. Il s’agit surtout d’engager une dynamique aujourd’hui absente, alors que le projet dépasse, et de loin, la mémoire médicale lyonnaise, sachant que très peu de structures de ce type existent actuellement en Europe, et le professeur Mornex de citer Londres et Dresde. Le temps presse. En juin, le groupe Eiffage doit avoir la garantie qu’un opérateur pourra piloter le projet. « Il convient de mutualiser l’ensemble des collectivités concernées à travers la constitution d’un Etablissement Public de Coopération Culturelle, l’outil le plus pertinent pour mettre en place et gérer une telle structure, pour le reste, nous avons environ quatre années pour trouver les financements ». Dans le meilleur des cas, l’ouverture de ce musée pourrait intervenir à l’horizon 2016.

Quelques chiffres

2 hectares de surface au sol,
8 000 m2 de surfaces extérieures,
54 000m2 de surface utile,
7 000 m2 centre de conventions et musée de la santé,
16 000 m2 de surface de bureaux,
14 000 m2 de surface commerciale,
147 chambres d’hôtel sur
17 000 m2,
150 à 250 places de parking.




GiB
Journaliste

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