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Chambre régionale d'agriculture : un mariage de raison

Les chambres d'agriculture d'Auvergne et de Rhône-Alpes ont fusionné pour se conformer au nouveau découpage régional. Un mariage subi plutôt que choisi qui fait d'Aura la 4e région agricole en surface.
Chambre régionale d'agriculture : un mariage de raison
D.R. - Jean-Luc Flaugère, 1er vice-président, est viticulteur (à gauche) ; Gilbert Guignand, président, est producteur de lait

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« Il n’était plus temps de se poser des questions », assène, résigné, Jean-Luc Flaugère, président de la chambre d’agriculture de l’Ardèche et fraîchement élu 1er vice-président de la toute nouvelle chambre d’agriculture régionale Auvergne-Rhône-Alpes (Aura). On en a connu de plus enthousiastes à l’annonce d’un mariage.

Car il y a les unions librement consenties et les mariages de raison ou encore les mariages arrangés. Celui de la chambre régionale de l’Auvergne avec Rhône-Alpes est à mettre au rang de ceux-ci. « C’est la loi qui a prévu de ne faire qu’une seule chambre régionale, reconnaît Gilbert Guignand, le nouveau président alti-ligérien de la grande chambre régionale. Ils nous ont fait aller à marche forcée. » Il décrit une « course contre la montre » sur le plan juridique pour être prêt au 1er janvier 2016. « Nous avons passé 8 mois là-dessus. »

Pour officier à ce mariage, le préfet de région Michel Delpuech avait fait le déplacement à Saint-Etienne, jeudi 17 décembre. L’installation de la chambre régionale Aura s’est tenue dans l’amphithéâtre du siège du Crédit Agricole Loire-Haute-Loire. Compte tenu de la superficie de la nouvelle « super » région, Saint-Etienne pourrait d’ailleurs bien à l’avenir devenir le barycentre d’Auvergne-Rhône-Alpes pour tenir les réunions de la chambre régionale.

Une réorganisation progressive

Les deux entités rassemblées comptent aujourd’hui 62 salariés et les deux sites devraient continuer à coexister, au moins dans un premier temps. La nouvelle organisation, qui supposera de mutualiser certaines fonctions, prendra forme progressivement. Les services comptabilité finances, la gestion des ressources humaines et le système d’information sont au programme de 2016. Les fonctions supports aux politiques de développement, notamment sur les questions de l’installation et de la transmission, suivront en 2017-2018.

Dans son projet stratégique, la chambre régionale annonce vouloir « conforter (son) rôle consulaire et (ses) missions de service public », « développer et professionnaliser (ses) prestations de conseils et d’expertise opérantes » et « valoriser (ses) capacités d’innovation, de recherche et de développement ».

Sur le plan économique, la nouvelle région compte 116 000 actifs agricoles (74 000 en Rhône-Alpes et 42 000 en Auvergne) avec un revenu inférieur de 30 % à la moyenne nationale dans 7 départements. La chambre estime que chaque agriculteur génère 7 emplois directs et indirects. L’industrie agroalimentaire compte 3 400 entreprises et réalise un chiffre d’affaires de 7,7 Md€, dont 11 % à l’export.

Les nouveaux élus entendent bien rappeler au président Laurent Wauquiez, qui sera installé le 4 janvier au conseil régional, ses promesses de campagne. « On attend de lui qu’ils ne les oublie pas. L’agriculture, c’est une véritable économie au service de la région. » Le candidat Wauquiez avait fait de la promotion des filières courtes pour alimenter la restauration collective (« la préférence régionale ») et du refus de l’inflation des normes des thèmes de campagne.

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