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Cécilia Tejedor : « La seule structure économique territoriale à proposer une palette de services au

Publié le - - Grand témoin

Cécilia Tejedor : « La seule structure économique territoriale à proposer une palette de services au
© Céline Vautey - Cécilia Tejedor

Arrivée à Lyon il y a deux ans, Cécilia Tejedor a été nommée Directrice générale adjointe de la Région, dans un premier temps, avant de prendre les commandes de l'Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises. Une responsabilité que cette ingénieure de formation exerce après un parcours d'une quinzaine d'années dans le secteur public puis dans le secteur privé. A l'issue d'une première étape de sa vie professionnelle dans les services de l'État, Cécilia Tejedor a intégré les effectifs d'un grand groupe qui s'occupait d'énergie. Directeur du développement, directeur technique... elle a travaillé en France, mais aussi à l'étranger et notamment en Pologne et en Angleterre. Un parcours qu'elle met aujourd'hui au service des entreprises de la Région Auvergne-Rhône-Alpes.

Que représente exactement l'Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises aujourd'hui ?

L'Agence réunit 130 personnes à ce jour, qui travaillent dans l'une des 9 antennes que nous avons installées, dont une à Valence qui couvre à la fois les départements de la Drôme et de l'Ardèche. Tous les territoires de la Région seront bientôt maillés encore plus étroitement, puisque nous allons ouvrir des antennes à Saint-Etienne, à l'automne, et en Haute-Savoie, au début de l'année prochaine. Nous travaillons actuellement à l'ouverture de l'Agence ligérienne avec Saint-Etienne Métropole.

Quelles sont les grandes missions de l'Agence ?-

Sa raison d'être est l'accompagnement des entreprises de l'industrie et des services à l'industrie dans leur développement. Plus précisément, nous sommes là pour les aider à grandir et à passer des seuils. Cette problématique est très sensible en France et nous voulons aider les entreprises à s'affranchir de ces limites, pour passer le plus vite possible du stade de PME à celui d'ETI. Nous devons renforcer notre tissu d'entreprises de taille intermédiaire pour être plus forts dans la compétition internationale. Pour cela, dans le projet initial de la Région, une fois la création de l'Agence actée, il a été décidé de se doter de cinq grands métiers, qui sont censés couvrir l'ensemble des problématiques de l'entreprise : RH, Innovation, International Europe, Développement économique et Attractivité. C'est pour cela que dans notre communication nous parlons fréquemment de « l'Agence tout en un. »

Comment pouvez-vous aider les entreprises à grandir ?

Nous sommes le résultat de la fusion de 15 structures, ce qui nous a permis de récupérer ce que j'appellerais un fonds de commerce, au travers de compétences fortes et avérées. Notre rôle est donc d'organiser ces compétences pour répondre aux besoins des entreprises. Et dans ces compétences, nous avons, notamment à Lyon, des personnes qui sont expertes sur les financements européens. Je ne parle pas des financements Feder et autres. Je me concentre vraiment sur les programmes que l'Union Européenne a mis en place pour accompagner, par exemple, les entreprises dans leur digitalisation, ou encore sur l'industrie du futur. Tout un ensemble d'innovations qui sont inscrites dans le programme Horizon 2020. Dans ce dernier, il y a non seulement de l'argent, mais aussi un réseau de structures réparties à travers toute l'Europe et des experts qui connaissent ces différents sujets. C'est tout cela que nous pouvons aujourd'hui mettre à la portée des entreprises de la région.

Concrètement, comment se traduit votre action sur le terrain et les résultats sont-ils à la hauteur de vos attentes ?

Entre juin 2017 et juin 2018, nous avons accompagné 7 700 entreprises. C'est-à-dire que nous les avons orientées, aiguillées vers des dispositifs d'aide, suivies de manière plus personnalisée… A tout le moins, il y a eu un premier traitement, qui doit maintenant être suivi d'effets. Sur ces 7 700 entreprises, celles qui ont été accompagnées sur la partie européenne sont au nombre de 160. C'est trop peu, nous en sommes bien conscients, mais ce n'est que la première année et cette compétence était trop peu mise en valeur par le passé, donc clairement méconnue des entreprises. Un de nos objectifs, à court terme, est donc d'aller plus loin dans ce domaine et, d'ailleurs, nous organisons à l'Hôtel de Région un grand événement, le 23 octobre, baptisé Ambition Europe, qui aura pour but de donner des informations aux entreprises sur tous ces programmes.

Au-delà de cette dimension européenne, combien d'entreprises êtes-vous réellement en capacité d'aider et comment pouvez-vous le faire ?

Nous avons choisi de nous donner pour fil rouge, sur la durée du mandat, l'accompagnement d'au moins 300 entreprises. Il s'agit de sociétés que nous allons identifier à partir d'éléments concrets, comme la croissance de leur chiffre d'affaires au cours des trois dernières années, mais aussi au regard de leur fort potentiel de développement. Nous allons faire ce premier travail de détection en nous basant sur les informations que nous remontent nos responsables d'antennes sur le terrain, qui connaissent parfaitement leur tissu d'entreprises. Une entreprise à fort potentiel ce n'est, en effet, pas uniquement du chiffre d'affaires ; cela peut être également la mise en œuvre d'une technologie porteuse, ou bien la présence sur un marché en forte croissance… A partir de là, nous avons établi une liste, de laquelle nous avons exclu pour le moment les start-up et les ETI, afin de nous concentrer sur les PME. Nous sommes actuellement dans une démarche de prospection, ce qui signifie que nous allons à la rencontre de ces entreprises et nous leur proposons de signer une convention réunissant la Région, l'Agence et l'entreprise elle-même, avec des engagements clairement définis pour chacune des parties.

C'est-à-dire ?

La Région s'engage à regarder tous les dispositifs auxquels chaque entreprise pourrait être éligible et à suivre chacune tout particulièrement. De notre côté, à l'Agence, nous mettrons à chaque fois en place un officier traitant, qui va suivre cette entreprise personnellement, qui va la visiter régulièrement et l'accompagner dans ses projets de développement, l'orienter… La mise en œuvre d'un suivi sur-mesure en quelque sorte. Cet officier traitant ne travaillera pas seul, mais il sera le point d'entrée unique et fera appel aux diverses compétences qui pourront être utiles à l'entreprise. Cette dernière, enfin, devra jouer un rôle d'ambassadeur de la Région, au sens de son acception économique. On lui demandera d'aller sur des salons nationaux et internationaux pour présenter son offre mais aussi pour « vendre » la région. D'autre part, nous souhaitons créer avec ces entreprises une forme de club, où se retrouveront des entreprises du Puy en Velay, du Cantal, de la Savoie, de la Drôme… Le but étant que les Auvergnats et les Rhônalpins ne restent pas entre eux, mais jouent la carte régionale dans sa nouvelle dimension. Ensemble, elles seront plus fortes et cela s'apparente un peu, à mes yeux, à cette notion de chasser en meute, dont on parle souvent mais qui se concrétise rarement sur le terrain.

Vous évoquez les différents territoires de la région ; allez-vous établir des quotas parmi les entreprises que vous solliciterez, afin qu'aucun de ces territoires ne soit laissé au bord du chemin ?

Il est évident qu'il y a du potentiel partout, donc nous ferons en sorte que chaque territoire soit approché dans cette démarche. Maintenant, on ne peut pas inventer ce qui n'existe pas et nous savons pertinemment qu'il est impossible de parvenir à un équilibre parfait. Nous ferons donc les choses en fonction de la réalité du terrain. Mais j'insiste sur ce point : nous avons fait un premier screaming et nous avons constaté qu'il y avait des entreprises à fort potentiel sur tous les territoires, du Cantal à la Haute Savoie, pour balayer la région d'ouest en est. Ensuite, il est clair également qu'il n'y rien d'impératif dans cette démarche. Il faudra donc que les entreprises soient en mesures et désireuses de rentrer dans le projet que nous leur proposons.

Où en êtes-vous pour le moment ? Les entreprises que vous avez approchées vous ont elles réservé un accueil favorable ?

Nous en sommes actuellement à cinq signatures, avec une entreprise du Rhône, trois du Puy de Dôme et une de l'Allier. Mais ce n'est que le début de la démarche. Nous devons prendre le temps d'aller voir toutes les entreprises pour leur expliquer dans quel cadre s'inscrit cette démarche.

Et sur l'innovation, véritable nerf de la guerre dans l'industrie, quelle est la nature de votre implication ?

Nous sommes porteurs d'un projet baptisé « Hub Recherche », qui vise tout d'abord à recenser tous les laboratoires existant dans la région. L'idée est de porter cette liste à la connaissance des entreprises et d'animer des communautés d'intérêt sur des sujets techniques comme, par exemple, la fabrication additive. Les entreprises peuvent avoir besoin à un moment donné de telle ou telle expertise et ainsi elles pourront trouver une réponse adaptée à ce besoin. Nous voulons ainsi formaliser et conforter un lien qui n'existait jusque-là que très exceptionnellement.

Vous avez également évoqué la question de l'attractivité ; quel est votre rôle exact dans ce domaine ?

Nous avons en effet vocation à attirer les entreprises extérieures à la Région. Nous disposons d'atouts nombreux pour assumer cette mission. Nous sommes notamment le correspondant unique de Business France en Auvergne-Rhône-Alpes. Ensuite, nous accompagnons les entreprises sur différents salons nationaux et internationaux, à l'occasion desquels nous organisons des rendez-vous d'attractivité. Nous faisons cela en coordination avec l'autre acteur majeur de l'attractivité dans la région, à savoir l'Aderly. Nos équipes travaillent en parfaite intelligence, car nous avons tous la volonté d'œuvrer dans l'intérêt du territoire, et nous sommes en train de formaliser cette relation. Nous devrions signer un accord officiel prochainement. Pour ce qui nous concerne, nous travaillons vraiment sur tous les secteurs industriels et des services à l'industrie, en nous concentrant sur les 8 domaines d'excellence qui ont été identifiés dans la stratégie régionale de développement économique : agroalimentaire, santé, bâtiment, mobilité, numérique, industrie du futur, énergie et enfin toute la partie sport montagne tourisme.

Europe, innovation, attractivité, développement économique, ce sont autant de sujets sur lesquels on peut s'attendre à retrouver l'Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises, en revanche que venez-vous faire dans le domaine des RH ?

Nous sommes effectivement un peu nouveaux dans ce domaine, puisque ce volet n'était pas vraiment présent dans les compétences que j'ai récupérées, lorsque nous avons fédéré sous une seule casquette les 15 structures que j'évoquais au début de notre entretien. De ce fait, nous avons tout à construire et nous structurons une offre sur des positionnements de niche. Ainsi, nous avons l'ambition d'inciter les entreprises à recourir plus volontiers à l'apprentissage et nous étudions actuellement de quelle façon nous pourrions les aider sur ce point. C'est essentiel, car à chaque fois que nous rencontrons une entreprise, c'est le problème du recrutement qui revient en premier lieu. Dans un pays où il y a un taux de chômage important, la question des postes non pourvus me semble cruciale. C'est d'autant plus vrai sur notre territoire, puisqu'Auvergne-Rhône-Alpes est la première région industrielle de France et que les métiers de l'industrie souffrent toujours d'un déficit d'attractivité.

Un an après votre arrivée aux commandes de l'Agence, quel premier bilan tirez-vous ?

C'est beaucoup trop tôt pour dresser un bilan. Ceci étant dit, je crois que nous pouvons déjà affirmer que nous sommes la seule structure en France à proposer une palette de services aussi large. Tout le monde fait du développement économique et de l'attractivité, beaucoup font de l'innovation, quelques-uns font de l'international, mais personne ne fait des RH. En tout cas personne ne fait tout. Par ailleurs, notre modèle et notre organisation sont uniques. Tout d'abord parce qu'il y a une co-présidence, où sont réunis Laurent Wauquiez et Jean-Dominique Senard. Ensuite, parce que nous avons un conseil de surveillance, composé de 56 membres, dont une moitié de représentants des entreprises, et un directoire, beaucoup plus restreint, puisque c'est l'organe opérationnel de l'Agence.

Qui retrouve-t-on dans ce directoire ?

En premier lieu son président, Gérard Guyard, qui est le dirigeant de la société Gravotech. Ensuite, il y a Martial Saddier, ancien vice-président de la Région en charge de l'économie, qui a œuvré à la création de l'Agence quand il était dans l'exécutif. Il représente la dimension Territoire. Enfin, je suis le troisième membre de ce directoire. Je suis en quelque sorte la patronne opérationnelle, par délégation du président Guyard, et mon rôle est de faire la synthèse entre les secteurs public et privé. De ce fait, si je devais dresser un bilan après un an d'exercice, c'est uniquement à ce niveau-là que je le ferais.

Et quel serait-il ?

Je suis convaincue que notre modèle est le bon, car nous ne sommes pas dans une logique purement économique, ce qui nous amène à tenir compte de l'exceptionnelle diversité de la région. Il y a des territoires très urbains, d'autres plus ruraux, mais qui dissimulent malgré tout quelques pépites insoupçonnables.

Cet équilibre entre les différents territoires constitue finalement le véritable fil rouge de votre démarche ?

Oui et cela va se nicher jusqu'au plus profond de notre organisation. Ainsi, nous avons fait le choix de positionner les responsables de nos cinq grands métiers dans cinq territoires différents. L'attractivité du territoire est sous l'autorité de Sonia François, la responsable de l'antenne de Clermont-Ferrand. C'est elle qui anime cette dimension attractivité, en organisant des réunions transversales avec des collaborateurs venus de tous les territoires. Selon la même logique, l'innovation est portée par la Savoie, la dimension RH par l'Ain, l'international / Europe par l'Isère et enfin le développement économique par l'Allier. De la même manière, mes fonctions supports sont décentralisées : mon DRH et ma responsable de communication sont en Isère, tandis que mon directeur financier est dans le Puy de Dôme. Je crois que cette dimension transversale traduit parfaitement la formidable richesse du tissu économique d'Auvergne-Rhône-Alpes.

Les grandes dates

2000 : Diplôme de l'École Nationale Supérieure des Mines de Paris.

2005 : Rejoint le ministère de l'Économie, où elle reste en poste pendant près de deux ans.

2007 : Quitte le service de l'État pour débuter sa carrière dans le privé au sein du groupe Veolia.

2017 : Arrivée à Lyon depuis un an, en tant que Directrice générale adjointe de la Région, elle prend les commandes l'Agence Auvergne-Rhône-Alpes Entreprises au mois de juillet.




Jacques DONNAY
Journaliste

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