AccueilActualitéGrand témoinCécile Giroud : une humoriste utopiste et humaniste

Cécile Giroud : une humoriste utopiste et humaniste

Cécile Giroud : une humoriste utopiste et humaniste
DR - Cécile Giroud, comédienne

ActualitéGrand témoin Publié le ,

Elève du conservatoire de 7 à 17 ans, Cécile Giroud est naturellement douée pour la musique. Elle joue deux à trois heures de piano par jour et a un rapport physique très fort avec l’instrument. Nonobstant un talent indéniable pour la musique, elle s’oriente vers des études élitistes classiques et entre en prépa HEC au lycée Saint-Just. « Une grosse erreur de parcours ! J’ai eu jusqu’à moins 26 en anglais ! Je me demandais comment on pouvait descendre au-dessous du niveau de la mer ! » Elle bifurque rapidement et suit un cursus de psycho et d’infocom en fac, avant de tout lâcher.


Le piano et le chant constituent sa soupape. Elle les exerce au piano bar en haut de la tour du Crédit Lyonnais. « C’était ma récréation de la semaine. » Sa voie est tracée, Cécile se lance dans l’aventure du café-théâtre et joue sur la scène lyonnaise du Nombril du monde. Là, elle rencontre Florence Foresti et monte, avec elle et Céline Iannucci, le trio des Taupes Models en 1999. Le succès est fulgurant et inattendu par les comédiennes qui tournent dans toute la France et en Belgique. En 2001, les trois filles jouent au festival d’Avignon, puis à Bobino à Paris en première partie d’Anne Roumanoff. Leurs chemins se séparent quand les acolytes de Cécile décident de faire leur carrière en solo.

Attirée par ce qu’elle nomme « le jaillissement », Cécile Giroud se tourne vers l’improvisation théâtrale. « L’impro est très contradictoire. Il faut être prétentieux pour se dire qu’on va intéresser les gens spontanément et en même temps humble car on a une construction qui se fait avec les autres. » Elle commence l’impro à la ligue lyonnaise, la Lily, en 2000, et est recrutée dans l’équipe nationale, avec laquelle elle remporte son premier titre mondial à Montréal en 2006.

En mars 2015, c’est l’ultime consécration : l’équipe de France est sacrée championne du monde à l’Olympia, une scène qui a toujours fait rêver l’artiste lyonnaise. « Savoir que tous les grands étaient passé par là, c’était fou ! Je me suis allongée sur la scène avant que le spectacle commence tellement j’étais excitée ! Beaucoup de stress avant le coup d’envoi qui a disparu instantanément. Le public nous a portés. Et c’est devenu un vrai terrain de jeu. » Un terrain de jeu sur lequel elle se dépasse. Elle se donne à fond comme si elle courait un 60 mètres. « J’ai toujours aimé les sports d’équipe et la course rapide. L’impro, c’est ça. C’est une action collective où il faut avoir de la fulgurance et de l’acuité mentale. C’est subtil et compétitif. »

Cécile Giroud joue également dans des pièces de théâtre, et en 2007 elle crée son premier solo, « Ca y est, je suis grande ! » qu’elle joue dans des cafés-théâtres, des scènes loin de l’Olympia mais qu’elle affectionne particulièrement. Elle tourne en France et à l’étranger. Au total, plus de 800 représentations. « Chaque représentation est une nouvelle conquête, une rencontre avec les gens. »

Fille de parents enseignants et syndicalistes, Cécile laisse parler son cœur et son âme de militante pour donner du sens à ses spectacles. « J’ai envie de défendre les valeurs de la vie. Les initiatives humaines et sociales me portent. Il faut éduquer nos gamins comme il faut et apprendre à être dans la vie ensemble. » Et comme dans tous ses spectacles, elle joue du piano et chante dans un show vivant, humaniste et drôle qui dure 1 h 45 et dont elle ne se lasse pas. Le dernier aura lieu le 18 mars. D’ici là, elle sera revenue à Lyon pour partager, avec Yann Stotz, un duo de cabaret et de chansons, du 24 au 27 février et du 2 au 5 mars à l’espace Gerson.
Cécile, qui a aussi tourné dans la série télévisée Disparue, cumule les talents. Elle écrit, compose, joue du piano, chante, improvise et fait rire son auditoire depuis toujours. « J’étais le clown de la famille. » A 42 ans, elle reste le clown d’une famille qui a largement dépassé les frontières de sa ville natale.

Agnès Giraud-Passot

L’impro comme un sport

TEXTE : Dimanche 22 novembre à 17 h au Transbordeur (Villeurbanne), les deux équipes mixtes de France et de Lyon auront vingt secondes pour imaginer des personnages, des situations, une époque et improviser une scène théâtrale, d’après un thème donné par l’arbitre. Les huit acteurs et leurs coaches s’affronteront au sein d’une patinoire. Ce spectacle, organisé par la Lily, ligue d’improvisation lyonnaise, lance la saison 2015 / 2016.

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