Carton jaune

Edito

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L’actualité ne fait pas de quartiers. Un événement chasse l’autre. La loi du ballon rond va relayer la loi El Khomri, les caméras déserter les quais de gare pour investir les arènes de l'Euro 2016. Avant même le début de la compétition, le football est devenu le curseur dans certains débats, politiques, sociaux ou économiques. Carlos Tavares, le Pdg de Peugeot SA, ne déclarait-il pas, face à la polémique à propos de la rémunération des dirigeants d’entreprise, qu’il se considérait « comme un joueur de football ». L’exemple est plutôt mal choisi. Les 5,24 M€ qu’il a perçu en 2015 font piètre figure à côté des plus de 80 M€ (contrats de pub compris) touchés par son compatriote Cristiano Ronaldo au Real de Madrid.
Les rapports entre le football et l’entreprise n’ont jamais atteint un tel degré d’interpénétration. Le flocage de Groupama Rhône-Alpes sur le centre de formation de l’OL, le rachat de 70 % du capital de l’Inter Milan par le Chinois Suning ou encore le marché estival des transferts constituent la partie émergée de l’iceberg. Le football est passé du domaine sportif à la planète financière, devant une industrie mondiale qui obéit aux mêmes règles que les grands groupes. Acquisitions ou prises de participation, globalisation, concurrence pour s’arracher les meilleurs talents, campagnes de communication, parfois orruption, les clubs sont gérés comme des multinationales. Et comme dans le monde économique où les grands groupes font appels aux sous-traitants, les PME du foot, ces clubs qui évoluent en 3è division ou en National, débroussaillent le terrain pour alimenter les centres de formation des grandes équipes.
Enfin, à ceux que n’amuserait pas ce rapprochement de circonstance, rappelons qu’en économie industrielle, comme en football, à la fin c’est l’Allemagne qui gagne.

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