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Canicule : comment la Métropole de Lyon lutte contre les îlots de chaleur

La Métropole de Lyon, qui s’apprête à dévoiler une carte des îlots de fraicheur cet après-midi, met en place des projets pour lutter contre la chaleur dans l'agglomération.
Canicule : comment la Métropole de Lyon lutte contre les îlots de chaleur
© Cheyenne Gabrelle - Forte concentration de chaleur à la Part-Dieu, l'un des îlots les plus chauds de Lyon.

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Comme une épée Damoclès, les vagues de chaleur n’ont pas attendu le début de l’été pour débarquer à Lyon. La température grimpe d’autant plus en ville, là où l’énergie solaire est emmagasinée dans les matériaux des bâtiments, le bitume, les parkings souterrains... La chaleur augmente encore plus lorsqu’aucune partie ombragée n’est présente dans la configuration de la rue.

"D’où l’importance pour la Métropole de Lyon de lutter contre ces îlots, en les transformant en îlot de fraîcheur, que l’on soit dans un espace public ou privé", déclare Béatrice Vessiller, vice-présidente de la collectivité en charge de l’urbanisme et du cadre de vie.

Chaleur à Lyon : des conséquences néfastes sur la ville et ses habitants

Une hausse du thermomètre considérée comme dangereuse pour la santé des habitants, à tel point que le corps ne pourra plus à l'avenir supporter certaines températures élevées.

"Les hausses de chaleur sont très impactantes en termes de ressource en eau et les risques sont l’affaissement de la nappe phréatique, ainsi que le niveau du Rhône et de la Saône à Lyon", appuie la vice-présidente. Même si l’agglomération compte sur d’énormes volumes en eau, l’alerte sécheresse est manifestement bien réelle.

Cheyenne Gabrelle / Hôtel de Ville, îlot de chaleur

Comment la Métropole tente de lutter contre les "corridors" de chaleur ?

Part-Dieu, plus de 40°C enregistré, Presqu'île 36°C, cours Lafayette entre 36 et 38°C ressenti. A l'image de ce nouvel épisode de chaleur, la Métropole de Lyon travaille sur plusieurs projets d’urbanisme pour apporter des solutions.

Béatrice Vessiller alerte sur "l’importance de végétaliser les rues plus chaudes et de débitumer ces endroits." C’est le cas au cours Charlemagne, devant la Darse, dans le 2e arrondissement de Lyon et au cours Émile Zola à Villeurbanne. Des lieux où la chaleur était fortement concentrée.

Tout en rappelant la fonction de l’arbre, "la végétation apporte à la fois de l’humidité et absorbe la chaleur suffocante, reflétée par les enrobées noires." En fonction de la désimperméabilisassions des sols, la Métropole doit choisir les différentes strates de végétalisation "pour faire en sorte que les eaux de pluie puissent rester dans le sol dans le but de contribuer à abaisser la température", précise Béatrice Vessiller.

Cela fait maintenant deux ans que la municipalité accélère ses mesures face à cette urgence climatique.

Points d'eau et brumisateurs

En plus de conserver le patrimoine actuel, l’enjeu actuel de la Métropole est de réinfiltrer les eaux de pluie, en pompant moins dans la nappe phréatique, en d’autres termes, "en construisant moins de parkings souterrains, très gourmand en eau."

Pour le bien-être de la population, des points d’eau, fontaine à eau et brumisateur sont aménagés dans les villes de Lyon et Villeurbanne, dont la place des Terreaux à Lyon 1er, Gratte-Ciel et Grandclément à Villeurbanne, à la place Antonin Poncet ou dernièrement au parc Sergent Blandan à Lyon 7e. La Métropole envisage de rafraîchir les espaces publics pour pouvoir accueillir les personnes les plus vulnérables à la chaleur.

Cheyenne Gabrelle / Brumisateur et point d'eau à Gratte Ciel

La couleur des revêtements des toits, une autre solution

Dans certaines villes de France et du monde, les toits d’habitations ont été recouverts de peinture blanche réfléchissante pour lutter contre les hausses des températures. Ce phénomène de "Cool Roofing" – comme à Grenoble – permet de diminuer la chaleur de 3 à 5°C par rapport aux toits classiques. Pour autant, en hiver, les habitants augmenteraient leur besoin en énergie de chauffage. Et dans la Métropole de Lyon ?

"C’est compliqué dans la mesure où 70 % du territoire lyonnais est privé et ne nous appartient pas. En revanche, on a l’enjeu de végétaliser les toitures, quand on ne peut pas poser des panneaux solaires. On impose de mettre au moins 40cm de substrat fertile – de la terre végétale plus légère que la classique – pour que les arbres puissent conserver l’eau de la pluie dans la toiture", imagine la vice-présidente.

Dans la suite des idées, Béatrice Vissiller envisage de requalifier les ponts en tant que bien public pour les végétaliser, afin de créer des "corridors de fraîcheur".

Mardi 14 juin, le Gouvernement annonçait une enveloppe à hauteur de 500 millions d’euros pour développer des îlots de fraîcheur en milieu urbain "enjoignant les collectivités locales à faire tous les efforts pour s’adapter aux conséquences du dérèglement climatique".

Une aide qui devrait être étudiée prochainement au sein de la Métropole de Lyon, en fonction de son éligibilité.

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