AccueilSociété« C’était Manufrance, un siècle d’innovation : 1885-1985 »

« C’était Manufrance, un siècle d’innovation : 1885-1985 »

C’est à un voyage dans l’espace et dans le temps que convie le Musée d’Art et d’Industrie de Saint-Etienne qui retrace l’épopée d’une entreprise qui a si fortement marqué l’histoire d’une région, voire d’un pays : Manufrance.

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Bien avant l’ère du numérique et d’internet, Manufrance faisait en son temps figure de pionnière, d’abord en matière de moyens de production, puis en termes de de commercialisation de ses produits avec la vente par correspondance. A tout seigneur, tout honneur, le créateur de Manufrance, Etienne Mimard, célébré comme il se doit puisqu’il ouvre la saga. Des premiers cycles aux fusils de chasse, en passant par les machines à coudre, l’électroménager et l’ameublement, Manufrance a tout produit, en développant un système de vente aussi innovant qu’efficace. L’exposition de référence invite le visiteur à un passionnant voyage au coeur de l’usine et de son catalogue, de sa naissance en 1885 à sa liquidation en 1985 ; une centaine d’années de l’histoire de l’entreprise sont ainsi parcourues. Naturellement, les concepteurs de l’exposition ont largement sacrifi é aux outils de la muséographie contemporaine : images en 3D, numérique, écrans tactiles… Une technologie qui ne contrarie en rien ce parcours par essence un peu nostalgique, au moins pour ceux qui ont croisé à un moment de leur vie, le destin de l’entreprise stéphanoise.
Des débuts de l’usine modèle à la fi n de l’épopée, en passant par l’âge d’or, les années de gloire, le début du déclin et la lente agonie, tout est retracé avec minutie à travers quelque 500 objets exposés sur 700 m², des plus emblématiques (le fameux catalogue, les cycles et les armes) aux plus humbles liés au quotidien. Et puis, il y a aussi ces rencontres avec des figures totémiques qui ont croisé la route de Manufrance pour le meilleur ou pour le pire ; Raymond Poulidor, appelé à la rescousse pour tenter de sauver ce qui peut l’être, en vain ; mais aussi les heures de gloire de la grande équipe de football de la ville, les mythiques « Verts » des années soixante-dix, sortis tout droit d’un livre d’histoire, sans oublier les humbles, syndicalistes ou non, lancés dans un combat inégal par essence contre une inéluctable évolution alors que l’entreprise n’a pas su négocier correctement le virage du modernisme, sans oublier, non plus les « politiques », et par exemple un certain Bernard Tapie, alors jeunes inconnu qui passe comme une météorite dans cette histoire séculaire… On en oublie bien d’autres.
Reste aussi quelques bribes d’histoire qui ont échappé au désastre, on pense au Chasseur Français, véritable fossile vivant qui subsiste encore aujourd’hui dans les kiosques à journaux, alors que d’autre titres, plus jeunes, n’échappent pas aux dérives du papier. Bref, cette exposition permet une (re) découverte d’un univers industriel aujourd’hui disparu, mais aussi des luttes sociales qui ont accompagné son développement avant que ne surviennent le déclin et la disparition. Ludique, cette exposition foisonnante plonge le visiteur au coeur de l’histoire des Français producteurs et utilisateurs.

Musée d’Art et d’Industrie, 2, place Louis-Comte à Saint- Etienne. Tél. 04 77 49 73 00. www.musee-art-industrie.saint-etienne.fr


Exposition pratique

Sur 700 m², le parcours chronologique et thématique raconte la saga Manufacture à travers 450 pièces de l’exceptionnelle collection d’armes, cycles et machines à coudre produits par l’entreprise, des machines outils, des objets domestiques des années 30 et 60, plus de 100 photographies, des affiches, catalogues et éditions issus des collections du musée, mais aussi des projections, des reconstitutions et des bornes interactives, au fil d’une scénographie vivante signée Quatra.org Architecte, Studio J. Saladin (muséographie) ainsi que Studio K.

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