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Bouvard et Pécuchet rejoignent la famille Deschiens

le - - Spectacle vivant

Bouvard et Pécuchet rejoignent la famille Deschiens
© : DR

Jérôme Deschamps réactive la machine à rire pour ce nouvel opus où les héros de Flaubert ne sont que prétextes à un spectacle virtuose.

Après huit ans passés à la tête de l’Opéra-Comique, un petit passage à la Comédie-Française où il a mis en scène Un fil à la patte de Feydeau, Jérôme Deschamps renoue avec ses premières amours. Le père des Deschiens exhume un mythe qui a marqué le théâtre français des années 80 et 90. Saynètes ponctuées de borborygmes, paysages sonores décalés, acteurs sortis de nulle part surlignant les maladresses de personnages qui font presque partie de la famille : la griffe Deschamps allie tendresse et ironie.


Il en va de même pour Bouvard et Pécuchet. Inutile de lire ce roman inachevé, auquel Flaubert destinait le sous-titre de « Encyclopédie de la bêtise humaine », pour en deviner le contenu. Les deux gratte-parisiens ;s’offrant un coin de campagne où ils vont mener des expériences hasardeuses, vouées à l’échec comme leur suicide, font écho à un esprit franchouillard, médiocre et donneur de leçons. Ces deux là méritaient d’intégrer la famille Deschiens.  Jérôme Deschamps, qui les fréquente depuis de longues années, scelle enfin cette alliance avec ce nouvel opus où Flaubert aurait du mal à reconnaître ses petits.


Le décor minimaliste et les costumes défraîchis  rappellent Les Pieds dans l’eau, l’un des spectacles emblématiques des Deschiens. Michel Lescot et Jérôme Deschamps l’un jeune dégingandé, l’autre vieux rondouillard, rappellent  les couples du cinéma burlesque américain, comme Laurel et Hardy. Entourés de  Pauline Tricot, voix de crécelle, et Lucas Hérault à la démarche volontairement pataude, les deux anti-héros semblent croqués par Daumier.

Si Flaubert joue les filles de l’air, son esprit est bien présent dans cette adaptation qui permet au petit-cousin par alliance de Jacques Tati de déployer son immense talent pour construire des machines à rire. Ce théâtre des petits riens peut laisser insensible, mais pas la virtuosité de la forme ni la précision chirurgicale des gags.


TNP jusqu’au 19 octobre
http://tnp-villeurbanne.fr




GiB
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