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Le bois : une filière pleine d'énergie

le - - Industrie

Le bois : une filière pleine d'énergie

Première région française en volume de bois sur pied (avec 2,5 millions d'hectares de forêt soit 33 % du territoire), Auvergne-Rhône-Alpes fait figure de pionnière dans le déploiement de sa filière bois. Pourtant, face des énergies fossiles plus compétitives, le bois, deuxième ressource durable après l'hydroélectricité de la région, est promu comme plus écologique et stable au niveau de son prix. En cette période de remise en route des chauffages, cette économie, qui fonctionne sur un modèle local, souhaite sortir du bois pour déployer ses atours.

Marinette Feuillade est déléguée régionale de Fibois Auvergne-Rhône-Alpes qui fédère les professionnels de la filière bois-forêt en région. Elle promeut une filière « durable » qui génère localement 375 M€ (3,5 Md€ en France) et près de 3 000 emplois non délocalisables.

"Le bois, une assurance pour l'avenir"

De quoi parle-t-on lorsqu'on évoque la filière bois ?


Il y a d'abord le bois énergie qui est constitué autour de trois combustibles différents : le bois de chauffage (bûches), le bois déchiqueté (mis en miettes) pour une utilisation en chaufferie semi-industrielle à destination des entreprises et des collectivités, et le granulé bois, issu de l'agglomération des sciures. Il y a aussi le bois destiné à la construction. Ces deux productions représentent chacune 50 % des volumes générés.

Les collectivités et les industriels se sont-ils emparés de cette énergie bois ?

Auvergne-Rhône-Alpes est une région pionnière en matière d'énergie bois. On constate aujourd'hui un ralentissement de son utilisation. A cela deux constats : le prix bas actuel des énergies fossiles et la vision d'une consommation associée à la déforestation. Sur le premier point, le bois reste actuelle- ment moins compétitif mais son cours est stable depuis de nombreuses années face à du gaz, du fioul ou de l'électricité soumis à des cours mondiaux très fluctuants sur le long terme.

Est-ce à dire que les domaines sont sous-exploités ?

La récolte représente en moyenne 40 à 50 % de l'accroissement annuel des forêts. De plus nous sommes sur un marché qui actuellement valorise plus le résineux (70 %) que le feuillu (30 %). Nous ne récoltons​ pas plus que l'accroissement annuel pour chacune des essences concernées. C'est donc bien de la forêt gérée. Et puis, le morcellement de nos surfaces d'exploitation (80 % de forêts privées en région) et la géographie contraignante de certains massifs comme ceux des Alpes, limitent mécanique- ment le taux d'exploitation. Pourquoi opter pour l'énergie bois aujourd'hui ? Est-ce une réflexion écologique ?

C'est une assurance pour l'avenir. C'est choisir une énergie durable. Je rap- pelle que 38 % du territoire d'Auvergne-Rhône-Alpes est couvert de forêts. C'est aussi une réponse aux enjeux du réchauffement climatique et une alternative pour réduire notre dépendance aux énergies fossiles. Le bois énergie constitue par ailleurs aussi une filière créatrice d'emplois locaux, de la forêt à la chaufferie. L'idée est de déployer la filière à l'échelon d'un canton par exemple pour coller à la réalité économique d'une production et d'une consommation localisées. Pourquoi cette communication précise au niveau du bois de chauffage ?

Cette année, nous avons souhaité communiquer pour faire lien avec la qualité de l'air, qui en certains endroits comme la vallée de l'Arve ou du Rhône, n'est pas optimale. Le bois est souvent pointé du doigt comme principal pollueur de l'air mais il ne l'est pas autant que d'autres énergies fossiles.

Quels sont les enjeux économiques liés à la filière bois ?


La filière forêt-bois, c'est 20 000 entreprises et 63 000 emplois. L'enjeu principal reste le recrutement et l'image de nos métiers pour montrer qu'ils ont un sens par rapport à ce matériau. On ne pense pas assez à ces métiers, sous-estimés car manuels.

Celui de bûcheron est peu attractif, pourtant, il est au contact de la nature. On a du mal à renouveler ces métiers comme ceux liés à la scierie qui sont industrialisés.

Dans cet environnement comment intervient la région Auvergne-Rhône-Alpes pour soutenir la filière ?

Le rôle des collectivités est prépondérant. La formation sur la scierie est par exemple co-financée par la région et nous allons signer un plan d'objectifs contrat-formation pour la filière bois avec les services de l'Etat et de la Région.

Un effort de sensibilisation doit-il être fait auprès des entreprises ?
Nous sommes attendus sur les marchés des collectivités pour relancer l'utilisation des chaufferies bois. Nous devons mieux travailler avec le milieu industriel. Quant au particulier, il est déjà sensibilisé aux bonnes pratiques mais il faut poursuivre notre mission de reconnaissance.

Le bois en (bio) masse à Lyon

Mise en service ce printemps, la chaufferie de Surville à Lyon est la plus importante chaufferie biomasse publique de France : 3 chaudières de 17 mégawatts chacune fonctionnent à partir d'énergie renouvelable, la biomasse, issue de la région, dans un rayon de 90 km maximum pour limiter le transport.

Le bois énergie est issu de plaquettes forestières (bois déchiqueté), de chutes de scierie, de petit bois et d'écorces provenant de l'exploitation forestière, « autrement dit, tout ce qui n'a pas la qualité suffisante pour être valorisé en bois d'œuvre », explique-t-on à la métropole de Lyon. Exploitée par Dalkia, filiale d'EDF, cette chaufferie permettra de réduire de 44 000 tonnes par an les émissions de CO2. David Kimelfeld, président de la Métropole, assure que d'ici 2030 « 130 000 logements auront un accès peu cher à une énergie renouvelable ». Cette nouvelle organisation du réseau permettra de ré- duire de 126 000 tonnes par an les émissions de CO2, soit, selon Gérard Collomb, maire de Lyon, « l'équivalent de 50 000 véhicules enlevés de la circulation de l'agglomération ».

Sylvie Jéhanno, PDG de Dalkia précise : « Nous avons conçu un réseau plus performant, innovant et écologique pour répondre au défi de la Métropole. Nous sommes fiers de participer à ce projet exemplaire et unique en France au cœur de la transition énergétique ». De son côté, Arnaud Leroy, président de l'Ademe [Ndlr : qui a apporté une aide financière de 42,8 M€ pour le déploiement du réseau de chaleur de Lyon et notamment la chaufferie biomasse de Surville] note que de tels « réseaux de chaleur sont des outils structurants de la transition énergétique au coeur de nos villes. Celui de la Métropole, de par son ambition et ses innovations, en est une bonne illustration ».

Roussillon :

Les industriels optent pour le bois

Avec 150 hectares de plate-forme spécialisée dans la chimie (notre photo), Roussillon concentre de grands groupes mondiaux (Bluestar, Hexcel, Adisseo, Novapex) dont les besoins en énergie sont immenses, équivalent à une ville de 150 000 habitants : 1,2 TWh de gaz (milliers de milliards de watts), de 110 000 tonnes de charbon et 0,5 TWh d'électricité par an.

Les acteurs locaux ont opté pour une diversification de leurs ressources énergétiques provenant essentiellement du charbon et du gaz. Via un groupement d'intérêt économique baptisé Osiris, la plate-forme de Roussillon s'est associée à Suez pour alimenter en énergie décarbonée les lignes de production des 15 industriels présents sur le site.

Le projet « Robin » a consisté en la création d'une unité de production de chaleur et de vapeur à partir de biomasse forestière et de biomasse déchets. En phase avec les objectifs européens, il vise à réduire de 20 % les émissions de CO2 à l'horizon 2020 ainsi qu'à porter à au moins 20 % la part des énergies renouvelables, dont la biomasse, dans la consommation d'énergie.

L'unité de valorisation biomasse Robin s'inscrit dans la volonté d'installer une démarche d'écologie industrielle pérenne. La vapeur produite est distribuée aux 15 industriels de la plateforme à hauteur de 25 tonnes / heure.




Julien THIBERT
Journaliste

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