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Bob Wilson, peintre de la lumière et du son

« Je ne me considère pas comme un metteur en scène, parce que je prends en compte tous les arts.

ActualitéSociété Publié le ,

Je m’intéresse à la lumière, à la peinture, aux costumes, au son, à l’architecture. Ce que je fais le mieux, c’est construire une grande structure où je réunis des acteurs, danseurs et musiciens ». Cette profession de foi traduit parfaitement la démarche esthétique d’un artiste qui parle peu, s’exprime rarement, dont les dessins, les installations, le mobilier qu’il a conçus, ont été présentés dans de nombreuses galeries ou musées à travers le monde entier. Une démarche partagée par les artistes qu’il a regroupés dans un collectif connu sous le nom de The Byrd Hoffmann School of Byrds.
Pour comprendre Bob Wilson, ses spectacles à la limite de l’immobilité où les corps parlent autant que le texte, il faut faire un saut dans le temps et l’espace. Ce fils d’avocat, maire de Waco, un trou perdu au coeur du Texas, naît en 1941. Dyslexique et bègue, il a du mal à faire entendre sa petite musique. Sa rencontre avec Byrd Hoffmann va tout changer, ce dernier lui apprenant à combattre ces dysfonctionnements de la parole en ralentissant le débit. C’est le déclic et l’explication de son esthétique et des rythmes lents qu’il impose à ses spectacles.
Pour payer ses études d’architecte, il travaille dans un centre pour enfants handicapés. A cette époque, un événement va influencer sa vie. Un soir, Bob Wilson est témoin du passage à tabac d’un noir de 13 ans par la police. L’adolescent qui jetait des pavés sur des vitraux d’une église n’était pas demeuré, mais sourd ! De cette rencontre avec Raymond Andrews, qu’il va adopter, naîtra Le Regard du sourd, un spectacle inspiré par les dessins de ce garçon traumatisé. Ce spectacle de sept heures sans paroles, ce livre d’images présenté en France au festival de Nancy en 1971 par Jack Lang, fera le tour du monde. « Je n’ai rien à dire, tout à montrer ». Autre rencontre déterminante, celle de Christopher Knowles, autiste qui vit toujours avec lui. Ces deux personnes ont considérablement élargi les champs de perception d’un artiste profondément attaché au monde de l’enfance et des inadaptés. .../...

Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5103 du samedi 31 mai 2014

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