Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

SERIE D'ETE / FRICHE ALORS ! / Bioparc : de l'automobile aux biotechs

le - - Economie

SERIE D'ETE / FRICHE ALORS !  / Bioparc : de l'automobile aux biotechs
P. Maillard

Les automobiles de la Buire avant-guerre. Une caserne militaire jusqu'à la fin des années 1990. La transformation à partir des années 2000 pour aboutir, fin 2020, à un parc d'activité dédié à la santé innovante, aux biotechnologies et au numérique. Le Bioparc implanté à Lyon 8e, à proximité immédiate de l'hôpital Edouard-Herriot, du centre Léon-Bérard et de la faculté de médecine Lyon Es, a connu plusieurs vies. Malgré les aléas, le site aura bénéficié de 14 M€ d'investissement de la part de la Métropole, qui auront généré près de 100 M€. Le site de 3,4 hectares a déployé 40 000 m2 de programmes immobiliers pour accueillir, à terme, jusqu'à 1 500 salariés.

Philippe Rambaud, directeur expert à la Serl : « La tradition d'innovation du site se poursuit »

Dans quel contexte la Métropole de Lyon a-t-elle acheté ce terrain et en a confié l'aménagement à la Serl ?

A la fin des années 1990, l'Armée souhaitait se déposséder de ce site. Instinctivement, sans études de marché, la Métropole de Lyon a perçu son potentiel intéressant et a demandé à la Serl de l'acquérir pour l'aménager en un parc d'activité dédié à la santé. La Serl le rachète à l'Armée en 2000, le viabilise, démolit les bâtiments, excepté ce qui est aujourd'hui la pépinière Laënnec, dépollue les sols et programme une étude de marché pour valider l'idée du parc santé.

Quelle était l'ambition première de ce parc santé ?

L'originalité du site devait permettre d'offrir à l'entreprise un parcours complet, du démarrage en pépinière pour ensuite migrer dans des bâtiments plus ou moins techniques. La pépinière Laënnec est opérationnelle en 2004 et initie ce projet. La volonté des élus était de spécialiser le site sur des activités de cancérologie. Pourtant, quelques difficultés de commercialisation sont apparues. Plusieurs facteurs ont joué : une certaine concurrence d'autres lieux dédiés à la santé et moins de start-ups créées sur cette période. Le remplissage des locaux n'était pas optimum. La Métropole de Lyon a dû accueillir des activités pas directement en lien avec son projet initial.

Parlez-nous de ce pôle d'hadronthérapie qui n'a finalement pas vu le jour et de ses conséquences sur le développement du Bioparc ?

En 2008, les HCL nous informent qu'ils candidatent à un appel à projets du ministère de la Santé pour l'installation d'un centre d'hadronthérapie en France. Moins de dix équipements comme celui-ci existent dans le monde et aucun en France. C'est un accélérateur de particules pour soigner les cancers. Les HCL remportent l'appel à projets et achètent 50 % du Bioparc à la Serl, en 2009, pour installer le projet Etoile. Le bâtiment hyper-technique exige des études réalisées par le CEA et une succession de consultations qui démontrent que l'investissement, de l'ordre de 300 M€, est finalement trop important. Le ministère de la Santé abandonne ce projet en 2015. Les HCL demandent à la Serl de racheter le terrain. Ce qui nous faisons. La commercialisation d'espaces dédiés aux activités santé est donc relancée.

Quelles directions prenez-vous alors ?

De la cible initiale très pointue en R&D et cancérologie, où nous peinons à décrocher les volumes escomptés, nous décidons, avec la Métropole de Lyon, d'assouplir tout en restant dans le domaine prioritaire de la collectivité qu'est la santé. Nous nous trouvons alors dans une période plus favorable et plusieurs opportunités se présentent. Luc Fontaine et son projet innovant Médicina s'avèrent très intéressants pour le site. Le datacenter de DCForData répond quant à lui à des enjeux stratégiques et constitue un levier de développement fort pour le territoire. Dans la logique du bâtiment Adenine construit en 2007, la Métropole de Lyon souhaitait proposer un bâtiment dédié aux entreprises de biotech. Elle en réunit certaines pour expliquer le projet puis cherche un promoteur privé pour le porter. Vaillance Immobilier se positionne. Bioserra 1 est rempli en quelques mois. Un tel montage privé garantit la pérennité des bâtiments avec des offres et des services adaptés aux locataires.

Le dernier tènement de 12 000 m2 vient d'être attribué. Qui seront les derniers preneurs du Bioparc ?

Devant le succès de Bioserra 1, Vaillance Immobilier va construire Bioserra 2 sur près de 5 000 m2. Une dernière entreprise s'est positionnée pour le reste.

Démarré il y a près de 20 ans, l'aménagement du Bioparc s'achève. Quel regard portez-vous sur ce projet ?

Il y a 100 ans, ce site produisait des voitures de luxe innovantes. Aujourd'hui, le numérique et les biotechs poursuivent cette tradition d'innovation. Malgré quelques difficultés de commercialisation vers 2007-2008 et le ralentissement dû au projet Etoile, de 2009 à 2015, on reste sur des délais d'aménagement classiques pour un parc d'activité. Surtout, les retombées économiques sont déjà visibles et près de 1 500 personnes de haut niveau travailleront sur ce site quand l'ensemble des activités seront effectives en 2021.

Bioparc 1 - 2000/2016

Pépinière d'entreprise Laënnec de 1 400 m2 avec 17 entreprises

Résidence hôtelière Odalys City de 4 500 m2 avec 133 appartements et suites

Immeuble tertiaire Adénine de 7 300 m2

Bioparc 2 - 2016-2022

Quatre bâtiments principaux qui hébergent des entreprises : Techsoft 3D, Bioserra 1et 2, les datacenters de DC For Data / Jaguar Network.

Un Bioserra 2 livré à l'été 2020

Le promoteur et investisseur lyonnais Vaillance Immobilier se lance dans la construction de Bioserra 2, devant le succès de Bioserra 1, livré courant 2019. Les deux bâtiments sont conçus pour l'accueil de sociétés de biotechnologie, avec des laboratoires et des espaces d'échanges.

« L'aménageur Groupe Serl et la Métropole de Lyon ont tenu leurs engagements de conserver la destination initiale du foncier : les biotechs et le numérique. Dans ce contexte, nous avons pu maintenir notre positionnement : construire, commercialiser et gérer Bioserra 1 pour quatre entreprises de biotech lyonnaises en pleine expansion. Et imaginer Bioserra 2 sur le Bioparc de Lyon », explique Alexandre Scappaticci, dirigeant de Vaillance Immobilier.

Bioserra 1 abrite Edelris, AB Sciences, Enyo Pharma et Erytech Pharma, soit près de 200 chercheurs. Elles intégreront l'ensemble de 7 000 m2, répartis en trois bâtiments de quatre niveaux, dont 65 % de surface sont composés de laboratoires, en septembre 2019. « Le site répond à l'ambition initiale du Bioparc d'accompagner la croissance des entreprises de biotech. Enyo Pharma et Erytech Pharma, par exemple, ont démarré dans la pépinière Laënnec pour faire l'ensemble de leur parcours sur le site. Aujourd'hui, elles ont besoin d'équipements plus performants, la mutualisation accompagne leur développement. »

Le permis de construire de Bioserra 2 a été déposé par Vaillance Immobilier en juin 2019. « La formule de Bioserra 1 a séduit et nous n'avons pas pu répondre à l'ensemble des demandes, selon Alexandre Scappaticci. Bioserra 2 se matérialisera en un seul bâtiment de 5 500 m2 en R+5. Deux entreprises se sont déjà positionnées dont Noraker implantée à Villeurbanne, ce qui assure 40 % d'occupation, avant sa mise en chantier fin 2019 pour une livraison à l'été 2020. »

Alexandre Scappaticci évoque « les particularités communes » des deux bâtiments : « Les parties techniques sont mutualisées pour le stockage des effluents et des déchets, par exemple, les réseaux d'oxygène, d'air comprimé, de CO2 sont dimensionnés selon les besoins des entreprises, un restaurant commun facilite les échanges entre scientifiques ». En plus des laboratoires de niveau 2 installés à Bioserra 1, Bioserra 2 proposera un laboratoire P3, également ouvert à la location extérieure.

Vaillance Immobilier a investi 17 M€ sur chacun des Bioserra.

Médicina rassemble un pool de praticiens en santé

Le bâtiment de 6 000 m2 construit par Sud Architectes ouvre en septembre 2019. Cet établissement de santé pluridisciplinaire (ESP) imaginé par le Dr Luc Fontaine propose une approche innovante de l'organisation de la santé de ville, avec le regroupement de près de 100 praticiens libéraux, un espace de balnéothérapie et un centre de remise en forme dédié au bien-être et à la rééducation physique.

Médecins généralistes et spécialistes, kinés, infirmiers, professionnels paramédicaux, une équipe administrative pour gérer les espaces communs mis à disposition des praticiens, tous libéraux… Le premier ESP de la métropole de Lyon ambitionne de travailler sur l'ensemble du parcours patient. « Pour rendre légitime un tel projet, il nous fallait l'approbation des HCL notamment, car nous devenons un interlocuteur privilégié de l'hôpital. Puis nous avons rencontré les élus pour qu'ils nous aident à trouver un lieu propice. Le Bioparc nous permettait de développer comme nous le souhaitions ce nouveau service de santé publique », expose Luc Fontaine, à l'initiative de ce projet. Pour attirer des médecins, il propose aussi une micro-crèche à destination des enfants des personnels de santé de Médicina, des services mutualisés « afin que les jeunes médecins ne se consacrent qu'à leur cœur de métier », des espaces communs pour échanger sur les pratiques des uns et des autres, des laboratoires pour mener des recherches sur des questions de santé publique.

Le concept Médicina déployé à Lyon a été présenté au ministère de la Santé et « a été reconnu comme complémentaire à ce qui existait et pouvait se dupliquer à l'identique dans d'autres territoires », confie Luc Fontaine.

L'innovation santé avec une approche du parcours patient différente en tenant aussi compte de sa sortie de l'hôpital, de ses besoins à son domicile ou sur son lieu de travail, s'intègre dans la thématique santé du Bioparc.

Le bâtiment a nécessité un investissement de 22,5 M€. Des praticiens libéraux pourront devenir actionnaires du projet « qui suscite un réel dynamisme de la part des jeunes praticiens ».




Stéphanie POLETTE
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer