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Biodegr'AD décape le marché publicitaire

le - - Entreprise de la semaine

Biodegr'AD décape le marché publicitaire
DR - Les marquages Biodegr'AD

La start-up créée en 2012 par trois étudiants entend aujourd'hui révolutionner le marché du marquage publicitaire éphémère sur la voie publique en demandant un encadrement légal de son activité. Point qu'elle a obtenu par un décret publié le 24 décembre 2017. Un cap qui pourrait donner une tout autre dimension à l'entreprise.

« Certains de nos concurrents ne comprennent pas pourquoi nous demandons à combler le flou juridique qui règne autour du marquage publicitaire au sol. Nous proposons un procédé propre, 100 % écologique et plus accessible en terme de coûts que les réseaux publicitaires traditionnels. Encadrer sa pratique est dans la lignée de nos valeurs pour une publicité responsable et vertueuse », explique Guillaume Pâris de Bollardière, cofondateur de Biodegr'AD à Villeurbanne.

La start-up est née en 2012 d'un constat : « les médias publicitaires traditionnels sont énergivores et saturent le paysage publicitaire ». Biodegr'Ad a alors imaginé un concept 100 % écologique qui consiste, par projection d'eau potable par un nettoyeur haute pression sur un pochoir, à marquer le sol, soit à « nettoyer » le bitume, pour faire apparaître un message publicitaire. « Une partie de la publicité est nécessaire mais autant que les collectivités et les annonceurs privés flèchent leurs budgets vers des supports vertueux pour l'environnement », plaide Guillaume Pâris de Bollardière.

Depuis 2015, Biodegr'AD se positionne comme une régie publicitaire dotée de 15 000 emplacements en France pour bâtir une campagne publicitaire. Un réseau de partenaires est chargé de la mettre en œuvre : création du pochoir en métal recyclé et recyclable auprès de PME familiales et utilisation d'eau non potable, puisée dans les fleuves, pour décaper le sol. « La durée de vie moyenne des marquages est d'une semaine. Il varie selon les passages des piétons. » Ses clients sont des collectivités « pour diffuser des messages de sensibilisation ou encourageant les actions civiques », des opérateurs publics « pour apposer une signalétique aidant à la gestion de flux en cas de travaux sur la voirie », des associations de commerçants « pour de l'événementiel » ou des entreprises « pour des campagnes publicitaires » cite pour exemple le dirigeant.

Avec un chiffre d'affaires « compris entre 150 et 300 000 € par an », l'entreprise, qui compte cinq collaborateurs permanents, affirme « être à l'équilibre pour un projet qui s'inscrit sur le long terme ».

Car le décret de fin décembre pourrait permettre à l'entreprise créée par Guillaume Pâris de Bollardière, Tangy Bard de Coutance et Emeric Mouillot de franchir de nouvelles étapes et d'intégrer le digital à son concept. Pour l'heure, Biodegr'AD affirme « ouvrir son organisation et son savoir-faire aux collectivités pour confondre les idées et engager les expérimentations avec celles qui le décideront ». Malgré un concept non brevetable, l'entreprise installée à Villeurbanne a résolument un coup d'avance sur ses confrères et un positionnement environnemental qui devrait faire mouche auprès des collectivités.

Guillaume Pâris de Bollardière, cogérant de Biodegr'AD


Comment avez-vous alerté le gouvernement sur le vide juridique lié à votre activité ?

Aujourd'hui, il est interdit d'apposer un message publicitaire sur la voirie, sauf à la craie pour les organismes publics. Notre demande à porter sur la possibilité d'un marquage propre pour un usage privé. Dès la création de Biodegr'AD, le cabinet d'avocats Adamas, spécialisé en droit public, nous a accompagné dans la validation de nos process. Nous nous sommes naturellement tournés vers lui pour bâtir notre dossier du programme France expérimentation qui identifie des secteurs innovants dont le développement est freiné par la législation. Notre dossier a été déposé à l'été 2016 et étudié par un comité interministériel comprenant les ministères de l'Intérieur, de l'Economie, de la Justice et de l'Ecologie. Il a été validé fin 2016 et le décret, provisoire pour 18 mois sur trois villes, Nantes, Bordeaux et Lyon, publié fin 2017.

Quel était votre objectif ?

Obtenir un cadre réglementaire et une professionnalisation de notre activité. La balle est désormais dans le camp des collectivités qui doivent débattre et adapter la loi à l'échelle locale via les Règlements locaux de publicités intercommunaux. A ce jour, officiellement, aucune collectivité n'a lancé d'expérimentation. Biodegr'AD est ouverte pour participer et enrichir les débats à leurs côtés.




Stéphanie POLETTE
Journaliste

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