AccueilCultureBiennale d'art contemporain de Lyon : une 16e édition pleinement réussie pour sa directrice, Isabelle Bertolotti

Biennale d'art contemporain de Lyon : une 16e édition pleinement réussie pour sa directrice, Isabelle Bertolotti

En séduisant un peu plus de 274 000 visiteurs, la Biennale d'art contemporain de Lyon a fait mieux en 2022 qu'en 2019. Au-delà des chiffres, Isabelle Bertolotti, directrice, se montre satisfaite de l'engouement né autour de l'événement artistique.
Isabelle Bertolotti, directrice de la Biennale d'art contemporain de Lyon, se montre satisfaite de la 16e édition de l'événement.
© Blandine Soulage - Isabelle Bertolotti, directrice de la Biennale d'art contemporain de Lyon, se montre satisfaite de la 16e édition de l'événement.

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Lancée le 14 septembre, la 16e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon s'est achevée le 31 décembre dernier. Quelque 274 000 visiteurs se sont rendus sur les différents sites de l'événement (hors espaces publics), soit un millier de plus qu'en 2019.

Un réel bonheur pour la directrice de la Biennale, Isabelle Bertolotti, qui souligne la satisfaction des visiteurs dans un contexte difficile pour l'organisation.

Isabelle Bertolotti, en quoi cette 16e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon est-elle une grande réussite ?

Cette édition a été complexe à monter car l'organisation a commencé en pleine période de Covid-19. Nous avons aussi perdu le financement de l'un de nos partenaires publics (baisse de la subvention de la Région, Ndlr) et nous avons eu des difficultés à trouver des financements privés auprès d'entreprises, elles-même faisant face à un contexte économique compliqué. Tout cela mettait en péril l'âme de la Biennale de Lyon, qui est de proposer des productions avec des artistes éloignés.

Mais, cela a aussi permis une forme d'entraide car nous avons travaillé avec tous les musées de Lyon et une grande partie de ceux de la métropole. Certains n'ouvrent jamais leurs portes comme le musée des Hospices civils. Ils nous ont prêté des œuvres mais ils ont surtout fourni un travail, dans chaque lieu, autour de la thématique Manifesto de la fragilité. Nous avons pu sortir des œuvres qui restent parfois en réserve, comme des tableaux en cours de restauration. Nous avons également reçu beaucoup d'aides en nature avec des prêts de matériaux, d'ingénierie, de la part d'entreprises du territoire.

Finalement, en repoussant la Biennale d'une année en raison des restrictions sanitaires, nous avons réussi à proposer un récit sur 2000 ans autour du thème de la fragilité. Nous avons gagné une année pour travailler en profondeur sur l'histoire de Lyon, le lien avec Beyrouth... Je crois que cela n'aurait pas été possible autrement.

Isabelle Bertolotti : "Nous avons bénéficié d'une presse dithyrambique. Il est rare de faire unanimité sur un projet !"

Le nombre de visiteurs, plus de 274 000, est-il, lui aussi, un succès ?

Oui, mais je retiens avant tout la satisfaction des visiteurs, qui nous l'ont témoigné par de nombreux retours écrits. Nous avons aussi bénéficié d'une presse dithyrambique. Il est rare de faire unanimité sur un projet ! Nous sommes sortis de notre zone de confort habituelle : nous avons touché la presse allemande, indienne, du Moyen-Orient grâce à l'exposition d'artistes qu'on ne voit pas ailleurs.

Ce qui est réconfortant, c'est aussi la présence des jeunes de moins de 26 ans, qui ne sont pas uniquement des groupes scolaires ! Des ados et étudiants viennent à la Biennale. C'est le fruit du travail au long cours de ces dernières années, comme la diversification de l'offre auprès des tout-petits.

La thématique de la fragilité ainsi que les médiums proposés ont parlé au public. Nous souhaitions évoquer la fragilité sans défaitisme : nous sommes responsables de nos choses, nous en sommes conscients et, ce qui compte, c'est la résistance que l'on apporte à une difficulté. Nous sommes en capacité de résister à des choses, ensemble, et de construire. Il est important que les artistes nous fédèrent derrière ces sujets.

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Des chiffres de fréquentation en hausse

En 2019, la Biennale d'art contemporain de Lyon avait réuni 273 000 visiteurs, en comptant ceux qui s'étaient rendus sur les sites d'expositions associées.

Pour cette année 2022, l'organisation a changé sa façon de compter. "Nous n'avons pas comptabilisé les visiteurs du parc de la Tête d'Or ou du jardin du musée des Beaux-Arts, qui sont pourtant des sites officiels de la Biennale. Nous les avons sortis afin d'être au plus juste sur la fréquentation de l'événement. C'est pour cela qu'avec 274 000 visiteurs, nous sommes réellement contents", souligne Isabelle Bertolotti.

"Nous avons proposé une histoire qui a existé mais qui s'avère universelle."

Selon vous, qu'est-ce qui marquera cette 16e édition et qu'en retiendra-t-on ?

Nous avons proposé un récit qui s'ancre dans le territoire, qui parle d'une histoire qui a existé mais qui s'avère universelle. Les Lyonnais ont aimé qu'on parle d'eux. En même temps, les récits pouvaient s'adresser à tout le monde. La fragilité, c'est un sentiment entendable par un Américain du sud, un Australien... et ce, à toutes les époques, comme l'a montré le musée Lugdunum, autour de la période gallo-romaine. Toute personne qui a été là-dedans peut se raconter cette histoire à travers l'art.

Nous avons aussi beaucoup travaillé la partie écriture. Tous les textes dédiés aux visiteurs ont été écrits dans un langage compréhensible, simple, qui raconte l'essentiel des œuvres. Il est important d'avoir ce langage accessible à toute personne, en français et anglais. Cela concerne aussi la prise en compte parcours visiteur : comment se rendre sur le site de l'exposition, comment évoluer dedans si l'on a faim ou froid... Ce sont des situations auxquelles on ne réfléchit pas assez et vers lesquelles nous allons encore plus aller à l'avenir.

Notre travail sur la scénographie, pour qu'elle soit plus écoresponsable, réutilisable, moins cher, a payé. L'environnement proposé a permis de respecter les oeuvres des artistes tout en les sublimant. Tout cela fait la réussite de cette édition.

© Blaise Adilon - Exposition de 25 sculptures de la collection du musée
des Moulages de Lyon, mises en valeurs par des échafaudages
dans les usines Fagor. Installation d'Olivier Goethals pour la Biennale.

Finalement, la Biennale a elle-même incarné la résistance dont vous parliez, en allant au-delà des difficultés.

Exactement. Et ce n'est pas fini, car les soucis financiers impactent désormais le renvoi des oeuvres. Alors, nous essayons de trouver des moyens pour terminer cette édition, même si c'est difficile. Le travail fourni a été apprécié du public, cette résistance lui a plu, c'est le plus important. On sent qu'il y a une attente sur les éditions suivantes et une envie de revenir.

Êtes-vous déjà en pleine préparation de la prochaine Biennale qui débutera en septembre 2024 ?

Tout à fait. D'ici trois semaines, nous devrions annoncer le commissariat chargé de la 17e édition de la Biennale d'art contemporain de Lyon. Et un peu plus tard, lorsque les équipes auront travaillé dessus, la thématique sera divulguée.

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Coup d'oeil sur la Biennale d'art contemporain de Lyon 2022

  • 274 225 visites sur les sites de Biennale, (hors gare Part Dieu, parc de la Tête d’Or, jardin du musée des Beaux-arts, parc LPA République où 15 millions de personnes ont pu découvrir gratuitement des oeuvres installées dans l'espace public).
  • 27 570 participants au dispositif Veduta sur 14 communes de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • près de 280 événements en "Résonance" avec la thématique de la Biennale déployés dans 73 villes de la région Auvergne-Rhône-Alpes.
  • 42% du public est âgé de moins de 26 ans.
  • 63 000 personnes ont bénéficié d'un accès gratuit.
  • 10 800 professionnels de l’art et journalistes du monde entier en visite à Lyon.
  • 1047 oeuvres et archives d’époques différentes présentées.
  • plus de 200 oeuvres produites ou présentées pour la première fois.
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