Fermer la publicité
Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

Biennale d'art contemporain les artistes choisissent des entreprises locales

le - - Dossiers

Biennale d'art contemporain  les artistes choisissent  des entreprises locales

La 15e édition de la Biennale d'art contemporain a ouvert ses portes le 18 septembre, pour trois mois et demi. Installée dans une friche industrielle, les anciennes usines Fagor, elle montre aussi le savoir-faire, les compétences et le dynamisme économique du territoire. Près de 500 fournisseurs locaux interviendront. Quand la culture, l'art contemporain et les entreprises locales se rencontrent, cela confère une visibilité à chacun importante pour les quelque 335 000 visiteurs escomptés.

« Les entreprises s'engagent avec enthousiasme »

Justine Belot, responsable du mécénat et des compétences en nature de la part des PME-PMI pour tout ce qui est lié aux projets des artistes et à la coproduction à la Biennal d'art contemporain, fait matcher les besoins des artistes avec les compétences des entreprises locales.

Quels ont été le rôle et l'implication des entreprises locales dans cette biennale d'art contemporain 2019 ?

La biennale de Lyon a pour mode de fonctionnement habituel de travailler avec les entreprises du territoire, que ce soient des prestataires de services ou des partenaires et des mécènes. Mais cette année, nous avons affiché, presque huit mois en amont, notre volonté de fédérer davantage d'entreprises autour des artistes et de leurs œuvres. Ce postulat est inhérent au projet artistique du Palais de Tokyo qui a incité la biennale à réaliser 90 % des productions présentées en région Auvergne-Rhône-Alpes. Ce territoire économique et industriel puissant présente la capacité de produire en grande majorité les œuvres présentées au public. C'est ainsi une édition complétement inédite de ce point de vue puisque lors des années précédentes, le ratio était plutôt de 60 à 65 % de productions locales.

Décrivez-nous le processus de création depuis l'idée jusqu'à la production.

Les artistes sélectionnés par le commissaire l'étaient sur la base d'un projet en phase de réflexion. Ils ont ensuite envoyé des plans, sous forme de fichier numérique pour les uns ou de croquis pour d'autres. Notre bureau de production artistique interne a pris en compte les formes, les matières et les dimensions nécessaires à la réalisation de l'œuvre. Ces besoins ont été transmis au service mécénat que je dirige pour dénicher les entreprises locales qui pouvaient potentiellement produire les œuvres. Toujours en binôme, le service production et le service mécénat, nous allons frapper aux portes des entreprises pour leur raconter l'histoire de l'œuvre.

Arrivez-vous toujours à faire coordonner l'imagination de l'artiste et la faisabilité auprès des entreprises ?

Cette année, les artistes ont proposé des projets absolument fous. On dit : « Ok, essayons de trouver la solution technique et la compétence requise ». Souvent, on redimensionne le projet pour qu'il entre dans un budget de production défini. Dans tous les cas, notre première préoccupation et de satisfaire les envies et le projet de l'artiste.

Quel est le budget de production moyen par œuvre ?

C'est très vaste. Il va de 5 000 à 150 000 €. Le budget de production global représente 20 % du budget de la biennale d'art contemporain. Chaque œuvre bénéfice d'un budget, au moment où il est expertisé puis nous allons solliciter les entreprises pour y participer.

Comment réagissent les entreprises à vos sollicitations ?

Très bien en général. Cette année, tout type d'entreprise a été approchée. Celles du BTP ou de l'industrie ont moins l'habitude du milieu culturel mais notre démarche est toujours très bien accueillie. Quand elles décident de s'investir à nos côtés et aux côtés des artistes, elles sont conscientes que cela entraînera certaines contraintes. Leurs équipes devront consacrer du temps de travail à des artistes qui exigent beaucoup d'aller-retour. Le dirigeant, car c'est souvent la volonté d'un dirigeant, doit faire un travail de pédagogie en interne.

Pouvez-vous leur assurer un retour sur investissement ?

Il est difficilement quantifiable. Mais la biennale a aujourd'hui acquis une réelle notoriété sur le territoire, et bien au-delà, qui, à la fois facilite notre travail d'approche et permet aux entreprises de bien capitaliser sur l'événement. L'économie d'une entreprise est complexe. Son quotidien jalonné d'aléas. Pourtant, malgré cela, elles répondent positivement avec un enthousiasme et une envie incroyables. Même si la rentabilité économique pour elles est difficilement perçue. La démocratisation de l'art contemporain, le fait que de plus en plus de chefs d'entreprise sont amateurs voire collectionneurs, ou tout simplement la curiosité et l'envie de jouer un jeu différent attirent des entreprises de tous les secteurs d'activité et de toutes les tailles.

« Les artistes nous poussent dans nos retranchements »

ATC Groupe, imprimeur grand format installé à Rillieux-la-Pape, accompagne la biennale d'art contemporain et des artistes depuis de nombreuses années. Pour l'édition 2019, trois groupes d'artistes ont fait appel à l'entreprise de Christophe Aussenac.

« Nous n'avons pas de délais pour travailler. Les artistes sont très exigeants. Pourtant, collaborer à la réalisation d'une œuvre d'art contemporain est très intéressant. Cette relation, différente de celle tissée avec nos clients entreprises, nous fait avancer et nous pousse dans nos retranchements », affirme Christophe Aussenac, dirigeant d'ATC Groupe. L'entreprise est habituée à servir le monde de l'art. « Les artistes, notamment dans l'art contemporain, se sont toujours rapprochés des industriels, des imprimeurs et aujourd'hui des sérigraphes pour la réalisation de leurs œuvres. Les évolutions technologiques nous permettent de faire du très grand et ainsi de répondre à leurs besoins. » Pour la biennale 2019, ATC Groupe a participé à la réalisation des œuvres de Nina Chanel Abney qui a recouvert la façade du Mac Lyon, de Stéphane Calais, de Thomas Feuerstein et du duo Ashley Hans Scheirl et Jakob Lena Knebl.

« Etre partenaire ou mécène de la biennale d'art contemporain de Lyon valorise notre savoir-faire, challenge nos équipes qui travaillent avec les artistes et donne une visibilité importante à l'entreprise », concède Christophe Aussenac.

Inversement, « notre bureau de création de design s'inspire beaucoup de la collaboration avec les artistes pour imaginer des solutions décoratives dans les bâtiments professionnels, pour nos propres clients ». ATC Groupe collabore avec les artistes de la biennale d'art contemporain de Lyon depuis sa création.

Perene attaquée par le sel de Bianca Bondi

Pari osé pour le cuisiniste Perene qui a accepté que Bianca Bondi, « artiste alchimiste » originaire d'Afrique du Sud, transforme une de ses belles cuisines d'inspiration haussmannienne en une forme attaquée par le sel.

La jeune artiste avait besoin d'une cuisine blanche. C'était en quelque sorte son seul cahier des charges pour réaliser son œuvre installée dans une pièce, seule, dans les usines Fagor. Des éléments de cuisine baignent dans de l'eau salée qui les ronge au fil de la biennale. L'installation fait écho aux anciennes activités de ce site. La mise en relation entre Bianca Bondi et Perene a pu se faire grâce au service mécénat de la biennale d'art contemporain. « La biennale nous a expliqué le projet de Bianca Bondi, très poétique et onirique. Les créations de Perene pouvaient tout à fait sublimer le travail de cette artiste. Elle est venue choisir son modèle dans notre showroom d'Annecy. Il correspondait à celui que nous avions aussi imaginé, confie Anne Mognetti, directrice de la communication de Perene. Nous sommes souvent sollicités par des chefs ou des professionnels dans notre univers. Cette collaboration hors normes fut pourtant une évidence pour Perene. Nos équipes ont installé la cuisine et répondu à ses attentes pour qu'elle puisse vraiment aller au bout de son processus créatif. »

Bianca Bondi a perçu l'adaptabilité de Perene. « J'ai été touchée par leur envie de sortir de leurs habitudes. Les équipes de Perene ont été généreuses avec leur temps et avec leur marchandise. De plus, les services de la biennale ont l'expérience de répondre aux besoins des artistes. Tout ceci était très confortable pour moi, je n'ai eu qu'à penser à mon idée ! » Avec cette opération, le cuisiniste entend « surprendre ». Un voyage de presse nationale sera organisé. Tout comme des afterworks pour les clients des boutiques Perene lyonnaises.

Les chiffres 2019

- 2 M€ sont directement consacrés à la production des œuvres de la biennale d'art contemporain 2019, soit 20 % du budget global qui se monte à 10 M€

- 49 % du budget global proviennent de ressources privées, dont 3,4 M€ issus du mécénat et de partenariats privés, et 51 % de subventions et d'aides publics. En 2017, le ratio était de 43 % de ressource privées (dont billetterie) et 57 % de ressources publiques




Stéphanie POLETTE
Journaliste

Ses derniers articles

Abonnez-vous à l'offre Papier + Numérique

Le Tout Lyon Journal d'annonces légales et d'informations économiques pour le département du Rhône

  • ›   Pour plus de contenu, papier + web
  • ›   l’accès aux annonces légales,
  • ›   l’accès aux ventes aux enchères.
Je m'abonne

À lire également


Réagir à cet article

Message déjà envoyé Adresse e-mail non valide


Fermer
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies et de technologies similaires par notre société ainsi que par des tiers, afin de réaliser des statistiques d'audiences et de vous proposer des services éditoriaux et la possibilité de partager des contenus sur des réseaux sociaux. En savoir plus / paramétrer