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« Bien étudier le contrat avant de signer »

En matière de placements financiers, lire les petites lignes peut s'avérer utile pour ne pas dilapider son patrimoine. Le point sur les précautions à prendre avant d'investir avec Jean-Pierre Rochette, vice-président d'UFCQueChoisir Lyon & Rhône qui compte 5 300 adhérents sur son seul site Lyonnais et 70 bénévoles pour accompagner les particuliers à régler les litiges, à l'amiable dans un premier temps.

Economie Publié le ,

Existe-t-il un placement miracle qui rapporte gros ?
Non, il n’existe pas de placement miracle. Le flaire du boursier qui achète quelques actions dans une start-up prometteuse peut éventuellement lui procurer un rendement formidable. Mais sur des placements traditionnels, seule la durée paie.

Quels sont les critères à bien étudier avant de se lancer dans un investissement ?
Le temps que l’on veut ou peux accorder pour bloquer de l’argent. Bien évidemment le taux de rendement. Mais surtout, il faut bien demander le montant des frais de dossier et celui de frais annuels de gestion qu’on oublie souvent de mentionner et qui peut générer des contre-performances. Pour les placements de longue durée, se renseigner sur les modalités de sortie est essentiel. Souvent, quand une personne veut récupérer ses fonds, c’est tout de suite, pour un besoin urgent. Or, parfois, les pièces à fournir ne sont pas clairement mentionnées et repoussent le moment de déblocage des fonds. Un laps de temps qui peut pénaliser le particulier.

Que pensez-vous des incitations fiscales pour investir dans l’immobilier locatif en France, en Outre-mer, dans des résidences dédiées ?
Des particuliers ont investis des sommes phénoménales dans le cadre de la loi Girardin dans l’immobilier locatif dans les DOM-TOM, jusqu’à voir leurs impôts disparaître complètement. Pourtant, certains investissements, qui passaient par des intermédiaires, n’ont jamais été faits. La loi a d’ailleurs été modifiée devant les exagérations trop importantes.
En France, certains particuliers ont investit dans des biens implantés dans des zones où le marché locatif est inexistant, pour des sommes bloquées pendant 9 ans et où la valeur initiale du bien a perdu près de 50 % alors qu’elle devait rapporter 20 %. Sous couvert de sociétés qui s’occupaient de tout, trouver le bien, le prêt pour le financer, le locataire et la gestion locative qui suivait, des particuliers ont perdu beaucoup d’argent, voire tout leur patrimoine. Les assurances ne permettaient jamais d’entrer dans les clauses. Une fois engouffré dans le système, il est difficile d’en sortir.
Autre produit à manier avec prudence : l’investissement dans les résidences de services, notamment pour personnes âgées. Certes elles correspondent à un besoin de notre société mais les tarifs des services rebutent parfois les utilisateurs, ce qui crée des tensions au sein même de ces établissements, voire des impayés qui se reportent sur l’investisseur. Les locataires sont parfois difficiles à trouver du fait de loyers élevés. Idem pour les résidences en station de montagne où les frais fixes peuvent s’envoler pour juste quelques semaines de location par an.

Les intermédiaires, les courtiers sont donc des professionnels à approcher avec précautions ? Son banquier est-il plus fiable en matière de placements immobiliers ?
Les courtiers représentent des entités qui ne prennent aucune responsabilité. Ils construisent de beaux dossiers avec des études d’amortissement très léchées mais ils vendent les produits d’autres organismes et disparaissent dans la nature une fois le contrat signé. Or, un placement financier doit se faire en toute confiance entre les parties. Le plus sûr reste son banquier et surtout de bien étudier les contrats avant de signer.

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