AccueilSociétéBenjamin Forel : les tréteaux de l'improbable

Benjamin Forel : les tréteaux de l'improbable

Adolescent, échappant à la vigilance de ses parents (son père est psychiatre) qui rêvent pour lui d’un destin scientifique, Benjamin Forel écrit ses premiers textes en secret, dans sa chambre.

ActualitéSociété Publié le ,

Au lycée Charlie Chaplin de Décines, il fait partie des élèves les plus assidus de l’option théâtre alors animée par Sarkis Tcheumlekdjian, le directeur de la Compagnie Premier Acte. Son bac S en poche, il cède aux sirènes des tréteaux, et rejoint son maître dont il devient l’assistant. Il fait ses premières armes d’auteur en publiant Un Eternel automne, pièce montée aux Clochards Célestes en 2005, suivie deux ans plus tard de Quale Disgracia. Après cet apprentissage, il s’émancipe et fonde sa propre compagnie, la Troupe du Levant. Le calendrier affiche 8 mai 2008. Le jeune dramaturge n’a que 22 ans.
Cette précocité témoigne à la fois de la volonté d’un artiste qui très tôt a une idée très précise du théâtre. Le nom de sa troupe renvoie aux leçons d’Antonin Artaud pour qui le théâtral est d’abord oriental. « L’Occident a investi la dramaturgie, les textes. Mais, à l’Orient, nous nous devons l’image, l’acteur et le travail sur la métaphore», explique-t-il. Ses maîtres, où plutôt ses maîtresses ont pour noms Ariane Mnouchkine et Pina Bausch. Ses références remontent à Copeau et son L’appel de la jeunesse, en 1913 au vieux Colombier. « J’ai horreur de la boîte noire, des coulisses, de ce qui est caché. Le théâtre est une illusion, non un mensonge ».
La Troupe du Levant réunit une quinzaine de personnes, comédiens et techniciens, anciens de La Scène sur Saône ou de l’Ensatt. Avec eux, il s’installe pendant un an dans la friche de RVI où ils préparent La Fille du général, un texte inspiré par Hedda Gabler de Ibsen, qu’ils joueront sur le parking pendant tout le mois de juillet 2009. L’année suivante, le public découvre Mesure sur mesure, d’après Shakespeare, dans le réfectoire de l’Hôtel dieu, la dernière manifestation publique présentée à l’intérieur du bâtiment. Aujourd’hui, ils occupent dans une partie de la friche d’ABB, à Décines face au chantier du Grand Stade, que met à leur disposition Alain Landais, propriétaire de centres Leclerc dans la région. « Le choix de ces lieux improbables non dévolus au théâtre ne doit rien au hasard, avoue Benjamin Forel. Pour nos grandes formes, nous avions besoin de grands espaces que ne peuvent fournir le réseau des théâtres existants. Du moins pas tout de suite. Nous ne voulions pas attendre ». Cette liberté a un prix. Comme dans le collectif du théâtre du Soleil de Mnouchkine, les membres de la Troupe du Levant (rémunérés à la même hauteur) se plient à une discipline très contraignante. .../...


Lire la suite dans le Tout Lyon Affiches n° 5100 du samedi 10 mai 2014

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