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Bel Air déploie la palette des beaujolais

Bel Air déploie la palette des beaujolais
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Confrontés à la crise, une poignée de vignerons crée la coopérative Bel Air en 1929. Un siècle plus tard, celle-ci regroupe 250 coopérateurs (le plus gros possède 40 ha, le plus petit moins de 1 ha) représentant 700 ha, répartis sur l’ensemble des appellations du Beaujolais, une superficie qui tient compte de la fusion avec la cave de Chiroubles en 2008. « Le nombre d’adhérents progresse », se réjouit Philippe Marx, le directeur commercial de la coopérative qui emploie 15 salariés, dont un ingénieur agronome qui aide et conseille les viticulteurs. « Le bon vin se fait d’abord dans la vigne », insiste ce dirigeant qui a fait sa carrière dans la commercialisation du vin. Et ce la se goûte !


Le brouilly (la cave est le plus gros producteur de l’appellation), le régnié et le morgon représentent 50 % de la production le reste se réparti principalement entre le chiroubles, le juliénas et le chénas. Les autres crus pèsent à la marge. Mais de nouveaux coopérateurs pourraient changer l’architecture de la gamme. La cave a même décroché le travail de la vigne, la vendange et la vinification des parcelles des Hospices de Beaujeu. La montée en gamme des vins produits à Bel Air, qu’explique un cahier des charges contraignant sur la qualité des raisins, suscite les candidatures.


« La demande est supérieure à nos capacités de vinification, reconnaît Philippe Marx. D’où la décision d’investir 2 M€, cette année, pour doubler les surfaces de production. Et dans trois ans, nous doublerons la mise ». Cet investissement répond aussi à la montée en puissance des sélections parcellaires des vignerons identifiés pour la qualité de leur raison, dont la production fait l’objet d’une mise en bouteille particulière. 20 domaines, couvrant 8 crus, font l’objet de ce traitement particulier.


Cet investissement ne répond pas seulement à l’augmentation des adhérents de la coopérative, présidée par Thierry Locatelli, qui apporte un confort financier, un appui en cas de coup dur et un service commercial aux adhérents. « Il répond également aux besoins liés à la diversification de la demande des coopérateurs et des clients». Bel Air produit chaque année l’équivalent de 3,5 millions de cols, dont 60 % vendus en vrac (l’essentiel en rouge, 3 % en blanc, 3 % en rosé). La France, réseau traditionnel et GMS commercialise 80 % des bouteilles, le solde se répartit à l’exportation entre le Japon, le Royaume-Uni, le Canada et l’Europe du nord. Le caveau commercialise 100 000 bouteilles chaque année. 20 % de la production globale est vendue en beaujolais nouveau.


Seule ombre au tableau, des tarifs inférieurs à la qualité du produit. Philippe Marx estime la décote à près de 20 %. Le prix de l’effort à fournir pour rattraper le terrain perdu.

Antonio Mafra

Dégustation

Côte de brouilly Château du Prieuré 2014


Au-delà de sa robe pourpre, de ses tanins poivrés, fondus, une bouche sur des petits fruits rouges sauvages, ce côte de brouilly séduit par sa minéralité, son caractère robuste qui peut s’amadouer avec quelques années de garde. Un gamay racé et généreux à marier, légèrement rafraîchi, avec la cuisine lyonnaise, une côte de bœuf et surtout des formages à pâte molle.
Tarif : 8,40€

Chiroubles, Domaine de la Source 2015

La couleur violette et le caractère féminin du gouleyant Chiroubles nous éloigne de la minéralité du Côte de Brouilly. Ses arômes de cerise noire trahissent un grand cru qui, lui aussi mérite quelques années de garde pour fondre les tanins et découvrir de nouveaux charmes. Mais nul besoin de patienter pour découvrir son immense talent, surtout en accompagnement d’un foie de veau rosé ou de pieds de porc grillés désossés sur un lit de courgettes grillées.
Tarif : 7,90€

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